FAQ : Lésions anopérinéales de la maladie de Crohn

 

Dr. Philippe GUYOT

Sommaire

En cas de maladie de Crohn l'atteinte anale est elle fréquente ?

Quelles sont les particularités des abcès et fistules de la maladie de Crohn ?

Réponses :

En cas de maladie de Crohn l'atteinte anale est elle fréquente ?

Les lésions anopérinéales peuvent être isolées et être la première manifestation d'une maladie de Crohn dans 5 à 35 % des cas. Chez 60 % de ces patients se développera une maladie intestinale dans l'année qui suit la découverte. Chez un patient porteur d'une maladie de Crohn le risque d'apparition d'une lésion anopérinéale varie de 15 à 75 % en fonction des séries. Cette atteinte est variable en fonction de la localisation de la maladie intestinale et sera d'autant plus fréquente que la maladie est plus bas située sur le côlon et le rectum. On notera 52 % de lésions anopérinéales en cas d'atteinte colique, alors que les patients porteurs de lésions localisées à l'intestin grêle n'auront ces lésions que dans 14 % des cas. 

Quelles sont les particularités des abcès et fistules de la maladie de Crohn ?

Les abcès ont une situation variable par rapport aux muscles péri-anaux mais ils sont souvent d'emblée profond puisqu'ils se développent à partir d'une ulcération creusante et c'est ce qui le différentie des abcès simples en dehors du Crohn. Ils évoluent vers la fistule qui se définit par un orifice primaire intracanalaire (ulcération initiale), un trajet dans le muscle plus ou moins haut par rapport à l'appareil sphinctérien anal, un orifice secondaire externe sur la peau péri-anale par où s'écoulera le pus. Ces fistules peuvent être bilatérales formées des trajets plus complexes secondaires qui posent des problèmes d'identification et de drainage correct. Lorsque les fistules sont antérieures chez la femme, elles peuvent s'ouvrir dans le vagin donner des fistules recto-vaginales très difficiles à prendre à charge sur le plan thérapeutique. La maladie de Crohn est le deuxième pourvoyeur de ces fistules recto-vaginales après les accouchements traumatiques