FAQ : Pose d’un sphincter anal artificiel pour incontinence anale

 

Dr. Frédéric BRETAGNOL, Dr. Arnaud ALVES, Pr. Yves PANIS

Sommaire

La pose d'un sphincter artificiel doit-elle être proposée même en cas d'incontinence fécale peu importante ?

La pose d'un sphincter artificiel est-elle une intervention risquée ?

Existe-t-il d'autres procédés chirurgicaux pour traiter une incontinence fécale ?

Réponses :

La pose d'un sphincter artificiel doit-elle être proposée même en cas d'incontinence fécale peu importante ?

Non. En effet, la lourdeur de l'intervention, et les contraintes liées au fonctionnement du sphincter artificiel, font que cette technique ne doit être proposée qu'en cas d'échec des traitements médicaux de l'incontinence (régime, rééducation), et surtout chez les patients souffrant d'une incontinence majeure, perturbant fortement la vie quotidienne.

La pose d'un sphincter artificiel est-elle une intervention risquée ?

Sur le plan du risque opératoire vital (c'est-à-dire le décès après l'intervention), ce risque est nul ou quasi nul. En fait la complication principale est l'infection de la prothèse implantée, source de ré-intervention et possiblement d'échec de la technique avec nécessité d'enlever le sphincter artificiel. C'est la complication principale, qui malheureusement peut survenir même longtemps après la pose du sphincter.

Existe-t-il d'autres procédés chirurgicaux pour traiter une incontinence fécale ?

Oui. Tout d'abord, s’il existe une rupture partielle du sphincter de l'anus, sa réparation directe (avec des fils de suture) est la technique de choix. Par contre, si cette suture échoue ou si elle est impossible (rupture trop étendue), on peut proposer soit un sphincter artificiel, soit une neuromodulation des racines sacrées (voir glossaire), ou des procédés de plastie musculaire autour de l'anus (graciloplastie dynamisée). Ces trois techniques (sphincter artificiel, neuromodulation, et graciloplastie) sont un peu en "compétition" car elles donnent des résultats un peu équivalents actuellement. Enfin, il est toujours possible de proposer une colostomie définitive (anus artificiel), qui reste un procédé à utiliser quand les autres ont échoués.