Cas clinique : carcinome baso-cellulaire

Par Dr. Frédéric JUGUET

Découvrez le cas clinique sur un carcinome baso-cellulaire

Monsieur Z; 80 ans, se décide à consulter, poussé par sa femme car ses sous vêtements sont tachés de sang depuis plusieurs mois. En fait l’interrogatoire révèle qu’il est vaguement gêné par une lésion de la marge de l’anus depuis 17 ans, celle ci s’étant très progressivement agrandie avec le temps, et s’étant mise à saignoter depuis quelques mois. Il n’y a aucune douleur, ni de gène défécatoire.
Il n’a pas d’antécédents médicaux particuliers, pas de maladie dermatologique connue, pas d’antécédent transfusionnel.
L’examen retrouve une large lésion juxta-anale latérale gauche, d’environ 8 cm de grand axe sur 3 cm de large. Elle affleure le canal anal mais reste largement sous pectinéale. Elle est ulcérée et bourgeonnante, avec un fond et des berges indurées. Elle est peu sensible. (Photo 1)

EXAMENS REALISES

L’anuscopie et la rectoscopie sont normales, il n’y a pas d’adénopathies ni d’hépatomégalie. Le reste de l’examen clinique est sans particularité. Une biopsie est réalisée.


Figure : Lésion juxta-anale latérale gauche.

QUESTIONS

1-Quel diagnostic évoquez-vous devant cette lésion ancienne et d’évolution lente ?
2-Quel traitement auriez-vous proposé si votre hypothèse principale était confirmée ?

La réponse de l'expert

25/02/2003 - Dr. Frédéric JUGUET

Il s’agit d’un carcinome baso-cellulaire. C’est le seul diagnostic compatible avec les caractéristiques d’une tumeur manifestement maligne avec une évolution aussi lente sans envahissement métastatique ganglionnaire. On aurait pu bien sûr évoquer également la transformation maligne récente d’une lésion bénigne ancienne type lésion à HPV. Le traitement classique des carcinomes baso-cellulaires reste l’exérèse chirurgicale, ce qui fut fait (photo 2), avec une cicatrisation complète en 5 semaines et actuellement un recul de 6 mois sans récidive. Les autres traitements envisageables sont les cytostatiques locaux, la cryo-destruction, mais ici la lésion était étendue, et envahissait le chef superficiel du sphincter anal externe et la partie basse du SAI. Il nous à paru préférable de réaliser une excision complète, plus sûre et plus radicale. L’analyse de la littérature "basocellular carcinoma AND anus" est extrêmement pauvre puisque seule une référence évoque cette localisation (Peiffert D et coll : Int J Radiat Oncol Biol Phys 1997 Aug 1;39(1):57-66) avec 7 carcinomes baso-cellulaires de la marge anale traités entre 1971 et 1995, par radiothérapie...


Figure 2 : L'éxérèse chirurgicale.

Mis en ligne en mars 2018