Quels types de traitements sont envisagés ?

FAQ Incontinence fécale

Les conseils concernant l'hygiène défécatoire et la régularisation du transit sont particulièrement utiles et trop souvent négligés. Il est important de veiller à un transit régulier, rester vigilant vis-à-vis des envies défécatoires (qui ne doivent pas être différées dans la mesure du possible) et de la qualité de l'évacuation du bol défécatoire. Il peut être nécessaire de compléter une évacuation jugée insuffisante par des laxatifs locaux peu irritants. La régularisation du transit peut faire appel à des mucilages sous forme de compléments diététiques ou de médicaments pour régulariser la consistance des selles. Certains freinateurs du transit comme le lopéramide sont parfois utile chez les personnes qui souffrent d'impériosités fécales (notamment après les repas). A ces précautions, des exercices courts (10 minutes) et quotidiens de contraction volontaire répétitive de l'anus sont proposés : il faut veiller à dissocier la contraction du ventre et des fesses de celle des sphincters et respecter des temps de repos deux fois plus important que les temps de travail.
Les méthodes rééducatives utilisent l'expertise et la compétence de kinésithérapeutes qui guident la réalisation des exercices, proposent un programme de suivi et apportent des aides supplémentaires sous forme de supports visuels ou auditifs (biofeedback) ou sous forme de rééducation plus spécifiques (sensibilité du rectum, coordination musculaire). Il est possible que le soutien kinésithérapique apporte un bénéfice supplémentaire important au traitement et tout particulièrement lorsque la personne soignée et le kinésithérapeute sont motivés. Néanmoins certaines études anglo saxonnes récentes remettent en cause la pertinence par rapport à une simple éducation diététique et sanitaire.
Les méthodes chirurgicales peuvent être grossièrement séparée en deux catégories. Celles qui assurent une amélioration de la fonction en conservant l'anatomie habituelle de l'anus (technique de réparation sphinctérienne, stimulation des nerfs pelviens, radiofréquence) et celles qui reposent sur un procédé de substitution sphinctérienne (sphincter anal artificiel, graciloplastie dynamisée, implants de matériaux inertes de type biosilicones). Chacune de ces méthodes fait l'objet d'une information précise et détaillée (réparation sphinctérienne, neuromodulation des racines sacrées, sphincter anal artificiel). Ces méthodes sont choisies en fonction de la sévérité de l'incontinence et des anomalies constatées sur les données des examens complémentaires. Leurs indications ne sont pas toujours très faciles à poser et elles imposent souvent une importante implication de la personne soignée à la fois en terme d'informations (lourdeur du geste chirurgical, complications, épuisement d'effet avec le suivi) et de décision (quelle stratégie est la mieux adaptée et la mieux perçue par l'intéressé ?).