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LES
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ENLEVER
LE COLON DANS UNE CONSTIPATION SEVERE  |
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INTRODUCTION
La constipation est une des causes fréquentes de consultation
en médecine générale, en gastro-entérologie,
en proctologie voire en chirurgie digestive. Le symptôme constipation
doit faire avant tout rechercher une pathologie sous-jacente (tumeur
colorectale, pathologie endocrinienne, médicamenteuse, neurologique,
métabolique ou psychiatrique). La constipation idiopathique
est donc un diagnostic d'élimination dont il faut distinguer
deux types. D'une part, les patients qui ont moins de 2 à
3 selles par semaine et qui n'éprouvent aucun besoin de défécation
durant plusieurs jours : il s'agit de constipation
par inertie colique (d'origine multifactorielle, hygiéno-diététique,
psychologique). A l'opposé, certains patients éprouvent
le besoin d'aller à la selle mais ne peuvent évacuer
ou évacuent avec grande difficulté : il s'agit de
constipation terminale ou dyschésie
(le plus souvent liée à des troubles de la statique
rectale, rectocèle ou procidence interne).
La place du traitement chirurgical dans l'inertie colique est faible
et concerne moins de 10% des patients. La chirurgie n'est indiquée
qu'en cas de résistance à un traitement médical
bien conduit.
PLACE DES EXAMENS
COMPLEMENTAIRES
Avant toute décision thérapeutique, des explorations
complémentaires sont indispensables afin d'éliminer
une cause organique, de préciser le type de constipation
et d'évaluer la statique pelvienne.
Le temps de transit colique est l'examen principal et permet de
mettre en évidence le ralentissement du transit colique.
Il consiste, après l'ingestion de marqueurs radio-opaques,
à pratiquer des clichés radiographiques simples les
jours suivants pour suivre la progression de ces marqueurs et leur
élimination. Normalement, 80% des marqueurs doivent être
expulsés au bout de 5 jours et la totalité doit avoir
disparu au 7ème jour.
Deux situations peuvent se présenter : soit les marqueurs
stagnent sur toute la longueur du colon, il s'agit d'une inertie
colique ; soit ils stagnent au niveau du rectum, il s'agit d'une
constipation terminale.
L'exploration endoscopique du colon (coloscopie totale) est
indispensable car elle permet d'éliminer une cause organique
et de faire des biopsies multiples (maladie de Hirshprung).
La manométrie anorectale et colique permet d'évaluer
l'activité motrice du colon (diminution de la propagation
des contractions du colon rapportée dans l'inertie colique)
et la fonction sphinctérienne anale.
Enfin, la défécographie permet l'étude
radiologique de la dynamique colorectale et peut mettre en évidence
une pathologie associée (rectocèle, périnée
descendant).
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TRAITEMENT CHIRURGICAL
Indications
Le traitement chirurgical de l'inertie
colique est rare puisqu'il concerne moins d'un patient sur 10. Il
est indiqué le plus souvent en cas de résistance à
un traitement médical bien conduit. Dans la littérature,
il existe une grande hétérogénéité
concernant les indications chirurgicales mais il apparaît
que la réalisation d'un bilan morphologique préopératoire
exhaustif (associant coloscopie totale, temps de transit colique,
défécographie, manométrie anorectale et colique)
soit corrélé à un meilleur taux de succès
(89% vs 80% après un bilan incomplet) du fait d'une meilleure
sélection des patients (Knowles).
Type de chirurgie
Actuellement, il est préférable
de réaliser une colectomie subtotale suivie d'une anastomose
iléo-rectale. En effet, la conservation du colon sigmoïde
expose à des résultats fonctionnels moins bons du
fait du risque accru de persistance du symptôme constipation.
De plus, si les résultats initiaux de la colectomie segmentaire
(le plus souvent gauche) étaient décevants, quelques
études ont rapporté des résultats comparables
à ceux de la colectomie subtotale (Lundin). Dans ces séries,
la mortalité était nulle, la morbidité était
inférieure à 10% et une récidive de la constipation
était observée dans 8 à 16% des cas, conduisant
à une colectomie subtotale avec anastomose iléo-rectale.
Enfin, des études récentes ont suggéré
la faisabilité laparoscopique de la colectomie subtotale
pour inertie colique (Inoue, Athanasakis).
Résultats
Il est difficile d'évaluer correctement les
résultats de la littérature du fait de l'hétérogénéité
des études. La mortalité variait de 0 à 6%.
L'occlusion intestinale sur bride était la complication la
plus fréquente, allant de 2 à 71% et nécessitait
une réintervention dans 14% des cas (0 à 50%). La
persistance des douleurs abdominales était rapportée
dans 41% des cas (0 à 90%). Une récidive de la constipation
était observée dans 9% des cas (0 à 33%). Si
le nombre de selles postopératoires était augmenté,
variant de 1,3 à 5 selles par jour, 14% des patients (0 à
46%) souffraient de diarrhée. A l'extrême, 14% des
patients rapportaient une incontinence. Si le taux global de succès
était de 86% (39 à 100%), des mauvais résultats
fonctionnels aboutissaient à la réalisation d'un anus
artificiel (iléostomie) dans 5% des cas. Enfin, les résultats
fonctionnels semblent se dégrader avec le temps.
Conclusion
Le traitement chirurgical de la constipation est rare et concerne
moins de 10% des patients ayant une inertie colique. Il n'est indiqué
qu'en cas de résistance à un traitement médical
bien conduit. Il convient de réaliser un bilan préopératoire
exhaustif associant une approche multidisciplinaire (psychologue,
gastroentérologue, chirurgien) afin de mieux sélectionner
les patients, en particulier en éliminant un trouble de l'évacuation
rectale, ou un trouble diffus de la motricité digestive colique
et intestinale. La chirurgie de choix est la colectomie subtotale
emportant le colon sigmoïde avec une anastomose iléorectale,
geste qui pourrait être réalisée par laparoscopie
(en cours d'évaluation). Elle améliore à l'évidence
le résultat fonctionnel mais expose à un risque non
négligeable d'occlusion sur brides, de douleurs abdominales
et d'échecs.
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Dr. Frédéric Bretagnol, Dr. Arnaud Alves, Pr. Yves
Panis
Mis en ligne en juin 2006
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Références
- Knowles
CH, Scott M, Lunniss PJ. Outcome of colectomy for slow transit constipation.
Ann Surg 1999 ; 230 : 627-38
- Lundin
E, Karlbom U, Pahlman L, Graf W. Outcome of segmental colonic resection
for slow-transit constipation. Br J Surg 2002 ; 89 : 1270-4
- Athanasakis
H, Tsiaoussis J, Vassilakis JS, Xynos E. Laparoscopically assisted
subtotal colectomy for slow transit constipation. Surg Endosc 2001 ;
15 : 1090-2
- Inoue
Y, Noro H, Komoda H, Kimura T, Mizushima T, Taniguchi E, Yumiba T, Itoh
T, Ohashi S, Matsuda H. Completely laparoscopic total colectomy
for chronic constipation: report of a case. Surg Today 2002 ; 32 : 551-4.
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