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LA MALADIE HEMORROÏDAIRE
La maladie hémorroïdaire
est fréquente. Sa prévalence dans la population générale
fluctue selon les auteurs de 5 à 85%. Dans le post partum,
les douleurs anales liées à une maladie hémorroïdaire
sont essentiellement le fait des thromboses. La fréquence
de survenue des thromboses hémorroïdaires après
un accouchement varie de 12 à 34%. Celles-ci surviennent
en général dans les heures suivant l'accouchement.
Cliniquement, ces thromboses du post partum se présentent
souvent sous forme de vaste tuméfaction dématiée
de la marge anale. Les caillots y sont difficilement identifiables.
Ces thromboses sont responsables de vives douleurs. On rencontre
également la classique thrombose hémorroïdaire
externe déjà évoquée dans PROKTOS.com.
Celle-ci se présente sous la forme d'une tuméfaction
violacée où on repère facilement un caillot.
Là aussi, le principal facteur favorisant les thromboses
est la constipation, en particulier la constipation d'exonération.
Cependant, il est clair, si on en juge par leur fréquence
élevée dans les suites immédiates d'un accouchement,
qu'à côté de la constipation et des antécédents
hémorroïdaires personnels et familiaux, l'accouchement
par voie basse joue lui-même un rôle prépondérant
dans la survenue des thromboses hémorroïdaires. Cela
est d'ailleurs confirmé par deux études françaises
rapportant le rôle délétère des accouchements
traumatiques (temps d'expulsion prolongé, poids de naissance
élevée).
La "classique" thrombose hémorroïdaire externe
sera traitée par l'excision sous anesthésie locale.
En revanche, le traitement de la thrombose dématiée
est avant tout médical. Il repose sur les laxatifs, les antalgiques,
les anti-inflammatoires et les topiques locaux. La prescription
de certains de ces traitements devra respecter les contre-indications
et précautions d'emploi. En cas d'allaitement, sont autorisés
le paracétamol sans dépasser 4g/j, les corticoïdes,
certains topiques locaux et les laxatifs mucilagineux, osmotiques
et huileux. En revanche, l'allaitement contre indique la prise d'AINS
et l'association paracétamol dextropropoxyphène.
En dehors des règles d'hygiène de vie habituelles,
il n'y pas d'indication à proposer de traitement préventif
ni par traitement instrumental (sclérose, infra rouges, ligature,
) ni par chirurgie. Les indications chirurgicales sont exceptionnelles
et reposent sur les échecs des traitements médicaux
ou les poly-thromboses massives et nécrosées.
AUTRES CAUSES RARES DE DOULEURS ANALES
APRES L'ACCOUCHEMENT
Les abcès de la marge anale sont rares
dans le post partum. On ne connaît pas de facteur de risque
particulier lié à l'accouchement. Leur traitement
repose sur l'incision sous anesthésie locale ou générale.
Le traitement de la fistule anale sera fait à distance.
Il en va de même pour les localisations ano-périnéales
de la maladie de Crohn qui peuvent donner des suppurations douloureuses.
Celles-ci ne sont pas plus fréquentes pendant la grossesse
et après l'accouchement. On retiendra, en revanche, qu'en
cas d'antécédents de fistules complexes et a fortiori
dans un contexte de maladie de Crohn, la patiente, son obstétricien
et son proctologue devront évaluer l'indication d'une césarienne.
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