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La relation entre alcool et maladie anale est fréquemment
évoquée tant dans le public que dans les milieux médicaux
spécialisés. Force est de constater que ce type d'idée
"reçue" n'est pas étayée par des
études épidémiologiques ou physiopathologiques
bien rares et méthodologiquement peu fiables. Un consensus
professionnel lié à des échanges fréquents
entre proctologues de différents pays fait cependant état
d'une prévalence à peu près égale des
maladies proctologiques entre régions où la consommation
d'alcool est nulle ou faible pour des raisons religieuses et celle,
où la consommation passe pour être forte ou même
exagérée.
On peut envisager l'action de l'alcool sur les maladies proctologiques
de trois façons : systémique directe, indirecte par
l'effet des affections non anales induites par l'alcool (cirrhose,
hypertension portale) et enfin directe par l'utilisation "hygiénique"
d'alcool sur la région anale.
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1 - L'action directe
de l'alcool sur les maladies anales est peu documentée et
les études se rapportent toutes à la maladie hémorroïdaire
; encore ne sont-elles pas toujours dissociées formellement
des autres habitudes alimentaires.
Elles sont parfaitement discordantes, la plupart ne dégageant
sur le plan statistique que de faibles relations et moins encore
de corrélation entre consommation d'alcool et troubles hémorroïdaires
(1-5) ; d'autres font état d'un facteur favorisant (6,7).
Cependant, si la statistique est défaillante, tous les spécialistes
connaissent les effets délétère sur l'anus
de la consommation d'alcool, nombre de patients accusant les repas
"arrosés" d'être systématiquement
le facteur déclenchant de symptômes désagréables
(démangeaisons, douleurs, rectorragies) désignant
au passage tel ou tel type de vin (surtout les blancs) ou l'alcool
"digestif" sans pour autant incriminer l'éventuelle
surcharge calorique ou lipidique occasionnelle et l'adjuvant possible
de poivre ou de piment.
Le moins que l'on puisse dire c'est que la question n'est pas tranchée,
le facteur individuel l'emportant sur le facteur statistique. Enfin
l'alcool peut induire des troubles du transit intestinal à
type de diarrhées pouvant être responsables de brûlures
et de douleurs au passage de la selle sans que pour autant, il existe
une fissure ou des fissurations à l'examen clinique.
2 -
L'alcool et son abus entraînent des maladies générales
dont la cirrhose alcoolique et l'hypertension portale. Là
encore, les études statistiques sont peu abondantes et surtout
discordantes. Certaines (8) trouveront davantage d'hémorroïdes
de stade 1 mais pas au stade 2 et 3, d'autres ne trouvant pas de
différence dans la prévalence (2, 9) mais notant par
contre une augmentation de la fréquence et de l'importance
des rectorragies peut être liée aux troubles des facteurs
de coagulations (9). Par contre, la fréquence, des varices
rectales est augmentée en cas d'hypertension portale.
3 - L'alcool
peut être mis directement sur l'anus de façon anecdotique
dans certaines pratiques sado-masochistes avec flambage occasionnant
des brûlures du 2ème ou du 3ème degré.
Le plus souvent, il est utilisé à des fins hygiéniques
chez certains méticuleux de l'anus obsessionnels de la propreté
; il peut alors entraîner des lésions dermatologiques
avec excoriation, ulcération, source de brûlures ou
de démangeaisons entraînant secondairement des lésions
de grattage. La simple suppression de cette pratique suffit habituellement
à faire cesser ces troubles.
En conclusion, si les effets nocifs de l'alcool sur
l'anus sont communément admis, la preuve statistique de leur
action délétère n'est pas faite même
si individuellement ce facteur doit être pris en compte.
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