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UN POLYPE :
Un examen radiologique (lavement, colo-scanner)
ou un examen endoscopique (coloscopie) a montré qu'il existait
dans votre gros intestin (colon) un polype. C'est une prolifération
de cellules anormales qui se développent à la surface
de la muqueuse et forment un relief plus ou moins élevé
et plus ou moins étalé. Avec le temps certaines cellules
de ce polype peuvent devenir cancéreuses, on parle alors
de polype dégénéré voire de cancer.
Ce polype doit être enlevé avant qu'il ne devienne
dangereux.
L'ablation d'un polype peut être effectuée
lors d'une coloscopie s'il n'est pas trop gros ou trop étalé
en surface. Ce geste nécessite des précautions particulières
et expose à des risques spécifiques. Nous allons reprendre
les différents éléments qui vous ont été
expliqués par votre gastroentérologue et qui figurent
dans un document écrit qui vous a été remis.
LA COLOSCOPIE :
L'ablation du polype aura lieu lors d'une coloscopie.
Une coloscopie consiste à remonter un tube (coloscope) muni
d'une caméra dans votre colon en passant par l'anus. Ce tube
servira à amener des instruments jusqu'au polype et à
l'enlever sans avoir besoin d'ouvrir la paroi abdominale (figure
1).
Pour que cet examen soit effectué dans de
bonnes conditions il faut que votre colon soit vide de matières.
Un régime sans résidu est conseillé pendant
les 2 à 3 jours précédents. Une purge liquide
sera faite dans les 12 heures avant l'examen. Cette étape
parfois pénible est importante : le colon des patients est
mal préparé dans plus de 20 % des cas. Une préparation
de mauvaise qualité empêche de voir les polypes de
moins de 1 cm de diamètre. Pour optimiser cette étape
il faut bien prendre en totalité les produits prescrits pour
la purge. Celle-ci peut être complétée par des
lavements. Il faut arrêter 2 jours à l'avance les médicaments
à base de fer prescrits en cas d'anémie : ils teintent
en noir le contenu de l'intestin et gênent la visibilité.

Figure 1:
Polype du colon vu en coloscopie.
La paroi du colon est représentée ouverte au niveau
du polype.
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L'ANESTHESIE :
La coloscopie est un examen qui peut être inconfortable, voire
douloureux. C'est pourquoi il est le plus souvent pratiqué
sous anesthésie générale. Dans ce cas une visite
avec un anesthésiste est obligatoire dans le mois précédent.
Elle permet d'adapter au mieux l'anesthésie en fonction des
antécédents médicaux et chirurgicaux et des
traitements en cours. Un traitement par aspirine, antiagrégant
ou anticoagulant peut nécessiter des précautions particulières.
L'existence d'un souffle cardiaque ou d'une prothèse valvulaire
cardiaque impose la prescription d'antibiotiques avant l'examen.
Comme pour toute anesthésie générale il faut
être à jeun et ne pas avoir fumé depuis au moins
6 heures avant l'examen. La purge doit donc être entièrement
bue avant ce délai.
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LA POLYPECTOMIE :
L'ablation du polype est effectuée
par le gastroentérologue lors de la coloscopie. Ce geste
se fait donc sans ouverture de la cavité abdominale. Toute
cette opération est faite avec un contrôle visuel par
le coloscopiste qui vérifie que le polype est enlevé
dans de bonnes conditions. Pour enlever le polype, il faut le décoller
de la paroi digestive en coupant sous sa base l'épaisseur
de la paroi du colon sans la traverser entièrement (figure
2). A l'heure actuelle il est encore impossible d'enlever la totalité
de la paroi du colon au niveau du polype par une coloscopie. Un
trou dans la paroi du colon est en effet une complication grave
de cette opération et peut nécessiter une intervention
chirurgicale pour le reboucher. Différents bistouris en forme
de pointe ou de lasso métallique conduisant un courant électrique
qui coagulent la paroi sont utilisés pour couper la racine
du polype. L'endoscopiste peut s'aider d'une infiltration de liquide
sous le polype pour le surélever et ainsi mieux l'attraper
avec ses instruments. Le polype est enlevé en totalité
et récupéré par l'endoscopiste pour permettre
son analyse microscopique (examen anatomo-pathologique). L'étape
de l'analyse microscopique du polype est indispensable même
lorsqu'on dispose de techniques de coloration ou de grossissement
optique de l'image endoscopique parce que certains polypes peuvent
être de petits cancers.

Figure 2 : découpe
sous le pied du polype dans l'épaisseur de la paroi du colon
grâce à un bistouri passant par le conduit du coloscope
(dite technique de dissection sous muqueuse).
Si lors de la coloscopie qui a retrouvé le
polype les conditions optimales pour l'enlever ne sont pas réunies,
l'endoscopiste peut poser sur le polype une agrafe métallique
(clip) qui aidera à le retrouver lors du prochain examen.
Dans certains cas difficiles l'ablation du polype peut être
faite en coloscopie par le gastroentérologue en même
temps qu'un chirurgien surveille la paroi du colon avec une caméra
introduite à travers la paroi abdominale (laparoscopie ou
coelioscopie).
Si l'ablation du polype est impossible en coloscopie
ou si surviennent des complications une intervention chirurgicale
peut être nécessaire plus ou moins rapidement.
LES COMPLICATIONS :
Globalement en France le risque d'accident
après une coloscopie (examens diagnostiques et thérapeutiques
confondus) est de 0,2 %.
Un saignement immédiat ou retardé peut
survenir en tout dans 1 à 20 % des cas. Ce pourcentage varie
en fonction de la taille du polype qui est enlevé. Lors de
l'opération l'endoscopiste est confronté à
un saignement dans moins de 5 % des cas. Il dispose alors de bistouris
coagulants, d'injections locales de produits vasoconstricteurs,
d'agrafes ou de lassos qui compriment les vaisseaux pour arrêter
le saignement. Ces nombreux moyens sont le plus souvent efficaces
et aucun geste complémentaire n'est alors nécessaire.
Un saignement retardé (dans les 15 jours suivants) est beaucoup
plus rare : environ 6 fois pour mille interventions. Il peut nécessiter
une nouvelle coloscopie pour l'arrêter. Dans les cas difficiles
une intervention radiologique ou chirurgicale est indiquée
pour tarir le saignement. Une transfusion sanguine peut être
justifiée pour compenser un saignement important.
La paroi du colon peut être involontairement
perforée lors de l'ablation du polype. Cet accident peut
être évident lors de l'opération ou ne se démasquer
que dans les 24 à 48 heures suivantes. Cet accident est rare,
survenant dans moins de 1 % des cas. Des douleurs abdominales, un
arrêt du transit, voire de la fièvre sont des signes
d'alarme. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire
pour réparer la fuite, dans les cas graves la confection
d'un anus sur la paroi abdominale (colostomie) peut être nécessaire
de façon temporaire, le temps de la guérison de l'infection
abdominale.
Le risque de transmettre une maladie infectieuse
par les instruments utilisés est réduit par les protocoles
de désinfection utilisés et par les contrôles
effectués avant chaque examen.
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LA PRISE EN CHARGE GLOBALE ET LES CONTROLES
ULTERIEURS :
Elle varie selon la qualité du
geste effectué et la nature du polype qui a été
enlevé notamment la présence de cellules cancéreuses
ou leur diffusion dans la profondeur du polype ainsi qu'au niveau
de la zone sectionnée. Si l'exérèse pratiquée
par endoscopie n'a pas été complète ou s'il
s'agissait d'un polype cancéreux trop évolué,
une nouvelle endoscopie peut être indiquée 3 mois après,
voire une opération chirurgicale enlevant le segment de colon
sur lequel était le polype.
Si l'exérèse endoscopique apporte toutes
les garanties de sécurité, des contrôles ultérieurs
sont nécessaires. Une coloscopie de contrôle sera programmée
dans les 3 à 5 ans en fonction de la nature et du nombre
de polypes enlevés. Cependant, un contrôle endoscopique
plus rapproché peut être proposé lorsque la
qualité de la préparation colique a été
jugée insuffisante pour permettre un examen complet du colon
ou lorsque l'ablation du polype a été jugée
incomplète.
CONCLUSION :
L'ablation en coloscopie d'un polype
remplace une intervention chirurgicale plus lourde. Mais cette technique
nécessite de s'adapter à chaque cas particulier et
s'intègre dans une prise en charge globale qui dépend
notamment de la nature et de l'aspect du polype enlevé. En
cas de complication impossible à contrôler médicalement
ou si la nature du polype l'impose, la chirurgie reste parfois nécessaire.
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Dr. François PIGOT
Mis en ligne en Mai 2007
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Pour en savoir plus :
Coloscopie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Coloscopie
Fiche d'information avant coloscopie :
http://www.snfge.asso.fr/02-Connaitre-maladie/0K-fiche-info-patient/VIII-FICHE4.asp
Recommandations sur l'endoscopie basse:
http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_240746
Rubin PH, Waye JD.
Colonoscopic polypectomy: a critical review of recent literature.
Curr
Gastroenterol Rep. 2006 Oct;8(5):430-3.
Winawer SJ, Zauber AG, Fletcher RH, Stillman JS, O'Brien
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RA, Lieberman DA, Burt RW, Levin TR, Bond JH, Brooks D, Byers T, Hyman
N, Kirk
L, Thorson A, Simmang C, Johnson D, Rex DK; US Multi-Society Task Force
on
Colorectal Cancer; American Cancer Society.
Guidelines for colonoscopy surveillance after polypectomy: a consensus
update by the US Multi-Society Task Force on Colorectal Cancer and the
American Cancer Society.
Gastroenterology.
2006 May;130(6):1872-85.
Nicholls RJ, Zinicola R, Binda GA.
Indications for colorectal resection for adenoma before and after polypectomy.
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Coloproctol. 2004 Dec;8 Suppl 2:s291-4.
Repici A, Tricerri R.
Endoscopic polypectomy: techniques, complications and follow-up.
Tech
Coloproctol. 2004 Dec;8 Suppl 2:s283-90.
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