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Précautions et risques
Deux éléments sont à souligner
:
Sur le plan infectieux, des mesures de désinfection de la
sonde sont indispensables entre chaque patient. Elles doivent être
adaptées aux types de sondes en fonction des contraintes
dictées par les textes officiels.
Sur le plan traumatique, différentes précautions sont
souhaitables. La mise en place de la sonde doit être prudente
en adaptant la taille de la sonde à la morphologie du patient.
Pour les sondes à ballonnet, il existe deux types de sondes,
adulte ou enfant. Un délai de sécurité est
nécessaire après tout geste chirurgical pelvien et
en particulier ano-rectal. Une cicatrisation complète et
indolore doit être obtenue pour éviter tout risque
de perforation ou de résultat faussé par une hypersensibilité.
Résultats et interprétations
L'examen se décompose en cinq temps :
1) Activité sphinctérienne
de repos (tracé 1).
Après une période d'adaptation de 15 à 30 minutes,
le tracé enregistré exprime l'activité sphinctérienne
de repos ou tonus de repos, en dehors de tout stimulation du rectum.
Cette fermeture de l'anus, nécessaire à une bonne
continence de repos, est essentiellement secondaire à l'activité
du sphincter interne. Des fluctuations de pression sont souvent
présentes.

Tracé 1 : Le tracé
vert correspond au tonus de repos du sphincter interne.
2) Sensibilité
rectale et réflexes recto-anaux.
Le deuxième temps étudie les réponses du rectum
et de l'appareil sphinctérien à des stimulations par
le ballonnet intra-rectal simulant l'arrivée de matières
dans le rectum. Le ballonnet est distendu brièvement par
des volumes d'air progressivement croissant de 10 à 500 ml.
Chaque distension est espacée d'au moins 2 minutes pour obtenir
3 types de renseignement.
a) Les volumes seuils mesurés
apprécient la sensibilité rectale.
- Volume de première sensation (VPS) : volume d'air
minimal perçu par le patient de manière transitoire,
normalement inférieur à 20 ml ;
- Volume de sensation constante (VSC) : volume d'air provoquant
une sensation nette et permanente de besoin, compris normalement
entre 120 et 240 ml ;
- Volume maximum tolérable (VMT) : volume d'air provoquant
une sensation de besoin urgent ou une douleur, compris normalement
entre 300 et 450 ml.
b) La compliance rectale correspond
à la capacité d'adaptation du rectum à son
contenu pour jouer son rôle de réservoir. Son étude
est réalisée selon deux modalités. Premièrement,
l'étude de la pression d'adaptation du rectum pour des volumes
croissants du ballonnet intrarectal permet de déterminer
une courbe pression-volume. La pente de cette courbe correspond
à la compliance rectale. Deuxièmement, on peut calculer
la compliance rectale maximale qui est le rapport du volume rectal
maximal tolérable sur la pression rectale maximale correspondante.
c) L'étude des réflexes recto-anaux
analyse deux types de réflexe composant le réflexe
d'échantillonnage qui détermine le caractère
liquide, solide ou gazeux du contenu rectal (tracé 2):
Le réflexe recto-anal inhibiteur (RRAI) correspond
à une relaxation du sphincter interne anal perçu surtout
au niveau du ballonnet annulaire interne. Il permet l'ouverture
de la partie haute du canal anal pour mettre en contact le contenu
rectal et les récepteurs qui analysent ce contenu. Le réflexe
recto-anal excitateur (RRAE) correspond à une contraction
du sphincter externe anal perçu surtout au niveau du ballonnet
annulaire externe. Il ferme la partie basse du canal anal pour éviter
la sortie du contenu rectal. L'amplitude et la durée de chaque
réflexe (RRAI et RRAE) augmentent en fonction du volume rectal
stimulant. La présence, l'amplitude et la durée des
réflexes sont notées.

Tracé 2 : le tracé
vert = RAAI et le tracé rouge = RRAE.
3) Activité
sphinctérienne volontaire (tracé 3).
Pour le troisième temps, le patient doit essayer de contracter
l'anus le plus fort et le plus longtemps possible. La contraction
volontaire traduit l'activité du sphincter externe et du
muscle pubo-rectal, nécessaire à une bonne continence
d'urgence. Son étude est réalisée au niveau
du ballonnet annulaire externe, partie basse du canal anal. L'amplitude
et la durée de cette contraction volontaire sont appréciées
à partir de la pression anale basale.

Tracé 3 : le tracé
jaune correspond à la contraction volontaire du sphincter
externe.
4) Simulacre
de défécation (tracé 4).
Dans le quatrième temps, le patient doit essayer d'expulser
la sonde comme pour aller à la selle pendant que l'opérateur
maintient la sonde en place dans le canal anal. Cette manuvre
permet d'étudier le synchronisme entre les deux éléments
nécessaires à une bonne évacuation rectale.
D'une part, l'augmentation de la pression rectale due à la
contraction rectale et à la poussée abdominale pousse
le contenu rectal. D'autre part, la diminution de la pression anale
secondaire à la relaxation de l'appareil sphinctérien
et du muscle puborectal ouvre le canal anal.

Tracé 4 : le tracé
rouge correspond à l'augmentation de pression dans le rectum
et le tracé jaune à la relaxation des sphincters.
5) Longueur
sphinctérienne.
La longueur sphinctérienne est mesurée par le retrait
progressif centimètre par centimètre de la sonde poussée
au préalable dans le rectum. La longueur du canal anal correspond
à la zone de haute pression qui varie de 2,5 à 5 cm.
En conclusion, de nombreuses pathologies
retentissent sur les fonctions ano-rectales, continence et défécation.
Le premier temps d'exploration doit toujours être clinique,
interrogatoire et examen clinique. Il est souvent en pratique suffisant
pour adopter une première attitude thérapeutique.
Dans certains cas, cette première étape conduit à
se poser des questions sur l'origine de ces troubles et sur le traitement
à mettre en place. La manométrie ano-rectale est un
examen simple, non invasif et reproductible qui permet de mieux
comprendre certaines anomalies de ces mécanismes complexes
ano-rectaux.
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