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LES
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QUEL EN EST LE PRINCIPE ?
Lors de ces examens, le médecin enregistre
l'activité électrique des nerfs et des muscles. En
effet le cheminement d'une information le long d'un nerf (douleur,
ordre de contraction d'un muscle) ainsi que la contraction d'un
muscle se traduisent par un courant électrique qu'on peut
enregistrer soit en piquant une aiguille dans le muscle ou à
côté du nerf explorés, soit en collant une électrode
sur la peau si le nerf ou le muscle sont superficiels.
RAPPEL
Les muscles du périnée sont situés
entre les jambes, dans la région anale et génitale.
Ils forment un plancher qui ferme vers le bas la cavité du
petit bassin. Ces muscles interviennent dans la continence urinaire
et la miction, dans la continence anale et la défécation,
dans la motricité des muscles génitaux (érection
chez l'homme).
Des nerfs issus de la moelle épinière (b) au niveau
des racines sacrées et lombaires (c) transmettent des ordres
moteurs vers ces muscles et organes, et sont aussi des vecteurs
de la sensibilité locale.
Les nerfs de cette région les plus souvent étudiés
sont les nerfs pudendaux (d). Au nombre de deux (un droit et un
gauche), ils sont formés par des anastomoses des racines
sacrées. Ils cheminent le long des parois du rectum et véhiculent
des informations sensitives et motrices.
Le fonctionnement des organes du périnée est régulé
par (i) des circuits réflexes courts involontaires passant
par les racines sacrées et (ii) par des réflexes longs,
faisant intervenir le cerveau (a) qui les régule consciemment
ou non.

Figure : Voies
nerveuses et sphincters périnéaux.
QU'EXPLORENT LES EXPLORATIONS ELECTROPHYSIOLOGIQUES
?
Les explorations électrophysiologiques
évaluent l'état des voies nerveuses et des muscles
qui assurent la sensibilité et la motricité du périnée.
Elles explorent donc la partie neurologique et musculaire de la
miction, de la défécation, des fonctions sexuelles
et de la sensibilité du périnée.
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QUAND SONT-ELLES INDIQUEES ?
Elles sont indiquées quand on suspecte une atteinte neurologique
ou musculaire devant une des plaintes suivantes : difficulté
à uriner ou à retenir les urines, difficulté
à évacuer ou à retenir le contenu du rectum,
troubles de l'érection chez l'homme, douleur inexpliquée
du périnée.
A QUOI SERT LEUR RESULTAT ?
Ces explorations aident :
- à comprendre le mécanisme
en cause dans une anomalie de fonctionnement des muscles ou de
la sensibilité du périnée,
- à en trouver l'origine,
- à proposer des traitements,
- à prévoir l'efficacité
des traitements mis en oeuvre,
- à suivre l'évolution d'une
maladie en cours.
COMMENT S'APPELLENT-ELLES ?
- Electromyographie de détection des
muscles périnéaux.
- Mesure de la latence des nerfs sacrés.
- Mesure de la latence distale des nerfs pudendaux.
- Mesure des potentiels évoqués
corticaux lors d'une stimulation périnéale.
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ELECTROMYOGRAPHIE DE DETECTION
Durant cet examen on enregistre l'activité
électrique au niveau d'un ou de plusieurs muscles du périnée
grâce à une aiguille plantée directement dans
le muscle à travers la peau. L'activité électrique
peut aussi être enregistrée avec une électrode
collée sur la peau, mais les renseignements fournis sont
alors moins complets et moins précis. En faisant varier l'endroit
où l'aiguille est plantée on enregistre différents
muscles ou différentes parties de ceux-là. L'activité
électrique est mesurée au repos et lors d'une contraction
volontaire de ces muscles. C'est le plus précis des examens
électrophysiologiques et le plus facile à effectuer.
L'interprétation des tracés électriques recueillis
donne les informations suivantes :
- Existence d'une rupture musculaire (après
une intervention chirurgicale, un traumatisme ou un accouchement
...) ;
- Existence d'une maladie musculaire ;
- Existence d'une maladie des nerfs terminaux
(diabète...). En associant l'étude des nerfs d'autres
régions du corps (jambes par exemple) on peut dire si la
maladie des nerfs est diffuse ou localisée.

Figure 2 : Electromyographie
de détection périnéale avec le tracé
recueilli.
ETUDE DES LATENCES DES NERFS SACRES
On enregistre l'activité électrique
au niveau d'un muscle du périnée en même temps
que l'on stimule un nerf sensitif au niveau de la verge ou du clitoris.
Cet examen explore l'arc réflexe sensitivo-moteur sacré
qui fait intervenir les racines nerveuses sacrées et la moelle
épinière sacrée. Cet examen est peu influencé
par l'atteinte des nerfs terminaux. Les résultats sont difficiles
à interpréter car ces réflexes mettent en jeu
plusieurs nerfs et ils dépendent de l'intensité de
la stimulation électrique appliquée au point de stimulation
et de la place de l'aiguille de détection du signal électrique.
L'interprétation des tracés électriques recueillis
donne les informations suivantes :
- Interruption de l'arc réflexe sacré
(tumeur, traumatisme...).

Figure 3 : Etude
des temps de latence sacrés lors d'une stimulation
électrique au niveau du gland et recueil de l'activité
électrique au niveau du périnée.
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ETUDE DES POTENTIELS EVOQUES CORTICAUX
Deux électrodes placées
sur le cuir chevelu enregistrent l'activité électrique
superficielle du cerveau (corticale) en réponse à
une stimulation électrique effectuée au niveau du
périnée.
Ce test explore l'ensemble de la conduction nerveuse entre le périnée
et le cerveau.
Il donne des renseignements sur l'état des nerfs dans la
moelle épinière. Mais il ne permet pas de déterminer
le niveau de la lésion sur tout ce trajet :
- Interruption des voies médullaires
(tumeur, intervention chirurgicale, accident
).

Figure 4 : étude
des potentiels évoqués corticaux par des électrodes
de surface lors d'une stimulation électrique du périnée.
LA MESURE DE LA LATENCE DISTALE DES
DEUX NERFS PUDENDAUX
Ces nerfs issus des racines sacrées
sont responsables de la motricité du périnée
et de ses muscles et de la sensibilité locale.
La vitesse de conduction de l'électricité est mesurée
sur les derniers centimètres de ces nerfs entre deux électrodes
éloignées de quelques centimètres. En pratique
les deux nerfs sont explorés l'un après l'autre sur
leur trajet le long du rectum. Le doigt du médecin recouvert
d'un gant spécial comportant deux électrodes est introduit
dans le rectum du patient. L'électrode distale envoie un
signal électrique au nerf et l'électrode la plus basse
mesure le temps que met ce signal à cheminer dans le nerf
jusqu'à sa hauteur. L'enregistrement est fait des deux côtés,
droit et gauche, car leur atteinte peut être asymétrique.
Les résultats de cette exploration sont peu sensibles pour
les atteintes débutantes du fait de mécanismes d'adaptation
du nerf.
L'interprétation des tracés électriques recueillis
donne les informations suivantes :
- Etat du nerf pudendal dans sa partie terminale
qui peut être abîmée par des maladies diffuses
des nerfs (diabète..), mais aussi par des traumatismes
localisés (efforts répétés de défécation
forcée chez les grands constipés, accouchement difficile...).

Figure 5 : Etude du temps de latence
des nerfs pudendaux entre
deux électrodes introduites dans le rectum.
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LES MALADIES DONNANT DES ATTEINTES NEUROMUSCULAIRES
DIAGNOSTIQUEES PAR CES EXAMENS SONT :
1. Atteinte musculaire :
- Maladie musculaire : les atteintes périnéales
sont rarement au premier plan et l'électromyographie de
détection périnéale est rarement utilisée
dans ces maladies.
- Rupture d'un muscle : en pratique seul le
sphincter externe de l'anus, essentiel pour la continence anale
peut être rompu. Cette rupture peut être due à
un accouchement, un traumatisme, une intervention chirurgicale.
L'électromyographie de détection donne la localisation
de la rupture. Mais à ce jour l'échographie endo-anale
a supplanté l'électromyographie car elle est plus
facile à effectuer, elle n'est pas douloureuse et surtout
elle est plus précise pour le diagnostic de rupture du
sphincter anal.
2. Atteinte neurologique :
- Atteinte diffuse : on parle de neuropathie
diffuse. Elle peut être secondaire à un diabète,
une intoxication (alcool
). Les atteintes neurologiques des
membres inférieurs sont en général parlantes
plus précocement et les examens électromyographiques
sont rarement utiles, sauf si une incontinence ou un trouble de
l'érection reste inexpliquée par les autres examens.
Les examens anormaux seront l'électromyographie de détection
et l'étude de la latence distale du nerf pudendal. Les
autres examens sont peu sensibles à ces atteintes qui concernent
surtout les petits nerfs périphériques. On peut
conforter le diagnostic d'atteinte diffuse des nerfs en faisant
une étude électromyographgique sur une autre partie
du corps comme le membres inférieurs.
- Atteinte isolée des nerfs du périnée
: elle peut provoquer une incontinence urinaire ou anale. Sa cause
la plus fréquente est l'étirement lors d'efforts
répétés de défécation forcée
chez les grands constipés, ou après un accouchement
difficile ou des accouchements multiples. Cette atteinte est un
facteur de mauvaise réponse au traitement quand elle est
associée à une rupture sphinctérienne anale.
Les examens anormaux seront l'électromyographie de détection
et l'étude de la latence distale du nerf pudendal. Les
autres examens sont peu sensibles à ces atteintes qui concernent
surtout les petits nerfs périphériques.
- Atteinte des nerfs sacrés : les muscles
du périnée ne sont pas paralysés, mais ils
fonctionnent anormalement car les réflexes sacrés
intervenant dans la continence, la défécation et
l'érection sont perturbés. Ces atteintes sont dues
à des tumeurs, des traumatismes comme un accouchement,
une radiothérapie ou des interventions chirurgicales. Seule
l'étude des latences des nerfs sacrés en permet
le diagnostic.
- Atteinte de la moelle épinière
: là aussi les muscles ne sont pas paralysés. Les
réflexes élémentaires nécessaires
à la continence, à la miction, la défécation
et à l'érection subsistent au niveau des racines
sacrées, mais ils ne sont plus régulés par
le cerveau. Par exemple une personne ayant subi une section de
la moelle après un accident ne pourra plus déclencher
volontairement une miction ou une défécation, mais
en stimulant directement ces organes, pourra activer le réflexe
sacré intact. Une percussion de l'abdomen en regard de
la vessie déclenchera la miction et l'introduction d'un
doigt dans le rectum pourra aider à déclencher une
défécation. Le diagnostic d'atteinte médullaire
est fait par l'étude des potentiels évoqués
corticaux. En général les lésions de la moelle
épinière sont évidentes et cet examen est
indiqué dans les tableaux complexes où les lésions
ne sont pas faciles à définir (tumeur, problème
vasculaire dans la moelle, après chirurgie neurologique...)
et pour surveiller l'évolution de l'atteinte.
- Atteinte cérébrale : troubles
des fonctions périnéales après une atteinte
cérébrale (tumeur, accident vasculaire, traumatisme).
L'étude des potentiels évoqués cérébraux
n'est pas un bon examen dans ces cas. Cet examen explore surtout
les voies de cheminement des nerfs jusqu'au cerveau plus que l'activité
spécifique de ce dernier. En effet, les zones de projection
du périnée au niveau du cerveau ne sont pas très
précises et des phénomènes d'adaptation existent
souvent en cas d'atteinte cérébrale.
QUELS SONT LES DESAGREMENTS DE CES EXAMENS
?
- Ce ne sont pas des examens dangereux.
- Ils ne nécessitent pas de préparation
particulière, ni d'anesthésie. seul un petit lavement
évacuateur du rectum est nécessaire une heure avant
l'étude des latences distales du nerfs pudendal.
- Ils nécessitent que vous montriez
votre périnée au médecin, qu'il touche des
zones intimes de votre corps. Les conditions de réalisation
de cet examen sont faites pour respecter au maximum votre confort.
- Ce sont des examens qui durent longtemps
car les mesures doivent être répétées,
ceci est surtout vrai si plusieurs types d'examens électromyographiques
sont effectués. Ils peuvent être couplés à
des examens électromyographiques d'autres parties du corps
comme les membres inférieurs en cas de suspicion de maladie
diffuse des nerfs.
- La stimulation électrique du gland
ou du clitoris peut être pénible, elle est rarement
douloureuse,
- Les aiguilles piquées dans la peau
peuvent être douloureuses. La stimulation électrique
appliquée à leur niveau est faite avec une intensité
croissante qui peut devenir désagréable, plus que
douloureuse.
- Les risques de transmission d'une maladie
d'un patient à un autre sont éliminés par
l'utilisation d'aiguilles à usage unique et la décontamination
du matériel.
QUELLES PRECAUTIONS FAUT IL PRENDRE POUR CES EXAMENS
?
Ces examens sont possibles même en cas
de traitement anticoagulant ou de prise d'aspirine car les piqûres
sont faites avec des aiguilles très fines. Néanmoins
des ecchymoses transitoires peuvent apparaître aux points
de ponction des aiguilles.
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Dr. François PIGOT
Mis en ligne en Mars 2007
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