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ALLEZ ETRE OPERE DES HEMORROIDES   |
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AVANT
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La Colo-Proctologie concerne une région anatomique complexe
et peu connue du grand public. Dans cette rubrique, nous nous attachons
à fournir des informations relatives à la réalisation
d'actes techniques d'exploration ou de gestes thérapeutiques.
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VOUS
ALLEZ ... ETRE OPERE DES HEMORROIDES
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Introduction :
La maladie hémorroïdaire est une
maladie bénigne dont les symptômes sont très
gênants. Seuls 10% à 15% des patients requièrent
un traitement chirurgical.
Les hémorroïdes sont des formations vasculaires
normales de l'anus présentes chez tous les individus. Les
hémorroïdes internes sont situées à l'intérieur
du canal anal sous le revêtement de la muqueuse intestinale.
Il s'agit d'un système d'organisation des vaisseaux qui est
complexe et particulier : il comporte des sacs veineux couverts
d'artérioles, dont le contenu sanguin peut varier très
rapidement. Le volume des paquets hémorroïdaires participe
pour 10 à 20% à l'étanchéité
anale. Les hémorroïdes externes sont situées
sous le rebord cutané de l'anus (marge anale). Ces deux systèmes
ont des connexions vasculaires sous la muqueuse anale.
Ces formations vasculaires sont circonférentielles mais se
concentrent en "paquets" hémorroïdaires selon
le nombre de pédicules artériels qui les alimentent.
Ces paquets sont le plus souvent au nombre de trois : paquet antéro-droit,
postéro-droit et latéral gauche. Ils ont également
un rôle de coussinet amortisseur lors de l'évacuation
rectale. Ils maintiennent leur position anatomique (en particulier
lors de l'évacuation des selles) grâce à des
fibres élastiques issues de l'appareil sphinctérien.
Ainsi à l'état normal, on ne perçoit pas la
présence des hémorroïdes.
Pourquoi opérer un patient souffrant des hémorroïdes
?
Il n'existe pas de corrélation entre l'intensité
des symptômes (saignement, douleur et gonflement) et les modifications
anatomiques constatées lors de l'examen proctologique.
Celles-ci sont classées en 4 grades selon le degré
d'extériorisation (procidence) des paquets hémorroïdaires
qui témoigne de l'élongation voire de la rupture du
système de suspension.
- Grade 1 : Symptômes hémorroïdaires
sans aucune extériorisation.
- Grade 2 : Extériorisation fugace lors de
la défécation
- Grade 3 : Extériorisation franche à
la défécation ou à l'effort, suivie d'une
réduction spontanée lente ou aidée par la
pression du doigt
- Grade 4 : extériorisation permanente (prolapsus
hémorroïdaire)
Dès lors que les hémorroïdes internes
franchissent la partie terminale du canal anal (zone où la
pression sphinctérienne de fermeture est maximale), la gêne
hémorroïdaire devient permanente et les hémorroïdes
ne peuvent plus jouer leur rôle physiologique. Cependant,
en cas de faiblesse sphinctérienne (hypotonie sphinctérienne),
les hémorroïdes peuvent encore "obstruer"
l'anus et masquer une incontinence potentielle.

Prolapsus hémorroïdaire
On conçoit facilement que la réversibilité
des symptômes hémorroïdaires diminue avec le degré
de procidence. Celle-ci est rarement douloureuse en elle-même
mais très gênante, s'accompagnant en particulier de
suintements, d'impression d'anus humide, de saignements et de difficultés
d'essuyage. La muqueuse extériorisée peut même
se couvrir de kératine (comme la peau) avec le temps.
Le traitement médical qui repose sur la régularisation
du transit intestinal en traitant la constipation, sur l'administration
de médicaments ayant un effet tonique veineux et de topiques
locaux (crèmes et suppositoires) et le traitement instrumental
réalisé au cabinet de consultation (infrarouges, ligature
élastiques
) sont proposés de première
intention mais il ne sont plus efficace dès lors qu'il existe
une procidence importante. C'est à ce stade qu'une chirurgie
hémorroïdaire est indiquée en fonction de la
demande du patient.
L'objectif du traitement chirurgical est d'obtenir la disparition
des manifestations hémorroïdaires tout en préservant
la continence anale.
Plus rarement la chirurgie peut être décidée
rapidement en raison de manifestations telles que :
- Des saignements réfractaires à un
traitement instrumental, ou responsables d'une anémie du
fait de leur répétition, ou des saignements survenant
chez des patients qui sont sous traitement anticoagulant ou inhibiteur
de l'activité des plaquettes.
- Des thromboses hémorroïdaires douloureuses
à répétition
- Un prolapsus hémorroïdaire thrombosé
et hyperalgique malgré le traitement médical intensif.
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En quoi consiste la chirurgie
hémorroïdaire ?
Les techniques opératoires actuelles reposent sur deux principes
différents : soit il s'agit d'une hémorroïdectomie,
c'est-à-dire l'ablation des paquets hémorroïdaires
internes et externes, soit d'une hémorroïdopexie qui
consiste à repositionner et fixer les hémorroïdes
internes dans le canal anal.
Hémorroïdectomie
La technique chirurgicale la plus utilisée est celle de Millligan
& Morgan dont la description initiale date de 1937. Elle consiste
en une résection des 3 paquets hémorroïdaires
avec ligature interne des 3 artères hémorroïdales
avec un fil résorbable Cette technique laisse en place 3
plaies "ouvertes" qui cicatrisent naturellement par repousse
tissulaire concentrique et par bourgeonnement, en 4 à 6 semaines.
On conserve 3 bandes cutanéo-muqueuses (ponts) entre les
zones de résection pour permettre la cicatrisation du conduit
anal et garantir la persistance d'une sensibilité de l'anus.
Cette technique chirurgicale est la référence actuelle.
Elle comporte des variantes comme l'intervention de Parks qui consiste
à laisser les plaies opératoires semi-ouvertes et
l'intervention de Fergusson au cours de laquelle les plaies sont
complètement suturées. Ces deux interventions sont
très peu pratiquées en France.

Hémorroïdectomie : Exposition des paquets hémorroïdaires
avant résection.
L'hémorroïdectomie peut
être partielle et ne concerner qu'un ou deux paquets hémorroïdaires.
L'exérèse d'un quatrième paquet postérieur
peut être nécessaire et dans ce cas une plastie de
l'anus est effectuée avec la muqueuse rectale abaissée
pour amorcer la cicatrisation (technique Bellan).
Le geste à effectuer sur les ponts cutanéo-muqueux
intermédiaires lorsqu'ils sont prolabés, est plus
délicat. Ces ponts sont ré-ascensionnés dans
le canal anal et fixés par des points de fil résorbable.
Certains opérateurs utilisent la coagulation bipolaire, aux
ultra-sons (harmonic scalpel ) ou par thermofusion (ligasure
). Les promoteurs de l'utilisation de ces instruments très
coûteux vantent la diminution du saignement peropératoire
et le caractère moins douloureux des suites postopératoire,
mais ces résultats sont controversés.

Hémorroïdectomie : Fin d'intervention.
La cicatrisation des plaies nécessite
une surveillance clinique afin d'éviter qu'une fissure anale
ne survienne ou qu'un rétrécissement du canal anal
ne se produise. Plus fréquemment, un bourgeonnement excessif
peut retarder la cicatrisation et nécessiter l'application
de nitrate d'argent.
Hémorroïdopexie
ou intervention de Longo
Cette intervention est réalisée depuis 1998. Elle
conserve les hémorroïdes mais les réintègre
en position physiologique dans le canal anal. Ce repositionnement
est possible grâce à la résection circonférentielle
d'un bandeau de muqueuse situé au dessus des hémorroïdes
sur une hauteur de 15 à 30 mm. Un ré-agrafage circulaire
immédiat de la muqueuse et des connexions vasculaires sous
jacentes complète le geste. Cette intervention s'effectue
à l'aide d'un kit instrumental spécifique contenant
en particulier une pince agrafeuse circulaire.
L'absence de plaie opératoire simplifie les suites qui sont
moins douloureuses qu'après hémorroïdectomie.
Cette intervention ne traite que les hémorroïdes internes.
On peut être amené à exciser des hémorroïdes
externes résiduelles (marisques), ce qui créé
à nouveau des plaies sources de douleur postopératoire.

Intervention
de Longo
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Quelles sont les indications de ces deux types d'intervention ?
L'hémorroïdopexie est indiquée
lorsque la procidence des hémorroïdes internes est symétrique
sur les 3 paquets principaux ou quasi circonférentielle et
de grade 3. Elle est particulièrement adaptée aux
patients qui doivent faire des efforts au cours de la défécation
et chez lesquels on constate souvent à l'examen effectué
avec un anuscope, que le prolapsus des hémorroïdes est
accompagné d'un prolapsus interne de la muqueuse du bas rectum.
L'intérêt de cette intervention est le maintien de
l'intégrité du canal anal et de la marge anale avec
une technique qui évite une plaie opératoire. L'intervention
de Longo est moins douloureuse en postopératoire et permet
une reprise rapide des activités.
L'hémorroïdectomie est une intervention possible en
tourtes circonstances. Elle s'impose lorsque seulement un ou deux
paquets hémorroïdaires sont pathologiques et peuvent
être excisés avec des suites opératoires peu
douloureuses. Elle permet de traiter une maladie hémorroïdaire
externe (thromboses à répétition, marisques
ou excédents cutanés résiduels). Elle garantie
le résultat en cas d'hémorroïdes extériorisés
en permanence (grade 4). Elle est plus adaptée dans les hémorroïdes
grade 3 en l'absence de prolapsus muqueux rectal et lorsque la composante
hémorroïdaire externe est nette.
Quels sont les inconvénients
de la chirurgie ?
Après hémorroïdopexie,
la ligne d'agrafes situées à la jonction entre l'anus
et le rectum modifie temporairement la sensation de besoin d'exonération
et la perception du contenu rectal. Certains patients peuvent alors
ressentir des envies pressantes d'aller à la selle (urgence
fécale) ou des fausses envies (pour des gaz au lieu des selles).
Cette gêne traduit des troubles sensitifs et pas une incontinence
du sphincter anal. Peu prévisibles, ces symptômes sont
réversibles en quelques jours ou semaines et doivent être
expliqué au patient lors de la consultation préopératoire.
Le lifting hémorroïdaire peut être moins efficace
sur un des paquets ce qui conduit à une rechute partielle.
Le patient doit être donc informé de la possibilité
d'effectuer une "retouche" le plus souvent par traitement
instrumental (ligature élastique). Il arrive qu'une hémorroïdectomie
partielle sur un ou deux paquets soit nécessaire dans les
années suivantes.
Immédiatement après hémorroïdectomie,
le patient peut ressentir des douleurs intenses liées au
nombre de plaies opératoires. Ces douleurs sont plus importantes
lors des 12 premières heures et lors de la première
selle. Elles s'estompent en une quinzaine de jours. A distance,
le résultat est surtout lié à la qualité
de la cicatrisation des plaies. Plus l'hémorroïdectomie
est radicale, plus le risque de rétrécissement est
important. Il provoque des difficultés d'évacuation
et des difficultés d'essuyage. Une fissure anale peut compliquer
la cicatrisation et nécessiter des soins spécifiques.
Dans le cas très rare de rétrécissement fixé
(sténose), des dilatations répétées
ou une anoplastie peuvent être nécessaires.
Si l'hémorroïdectomie partielle met à l'abri
des complications précédentes, elle expose au risque
de rechute sur les paquets restants.
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Comment se fait le choix entre l'hémorroïdectomie et
l'hémorroïdopexie ?
Le Chirurgien proctologue conseille l'une
ou l'autre technique en fonction des symptômes et des données
de l'examen, chaque patient étant un cas particulier. Un
schéma du procédé chirurgical peut faciliter
les explications. Dans certains cas les deux alternatives sont possibles
et la décision est plus facilement prise lors de l'examen
sous anesthésie. Il faut obtenir l'accord du patient dans
cette démarche.
Comment se déroule l'hospitalisation
?
La consultation d'anesthésie
est obligatoire et doit avoir lieu dans les jours qui précèdent
l'hospitalisation. L'intervention peut être réalisée
sous anesthésie générale ou loco-régionale
ou sous anesthésie locale avec sédation. Chez les
patients qui ont des traitements anticoagulants ou antiplaquettaires,
compte tenu des risque liés à l'arrêt et du
saignement lié à la chirurgie, il faut préférer
l'hémorroïdectomie qui permet une hémostase chirurgicale
sous contrôle de la vue.
L'intervention peut être faite dans le cadre de la chirurgie
ambulatoire notamment en cas d'hémorroïdectomie partielle
voire d'hémorroïdopexie. Actuellement en France, par
accord professionnel, il est recommandé après chirurgie
radicale d'autoriser la sortie du patient après la première
selle normale, ce qui correspond à une durée d'hospitalisation
de 2 à 4 jours.
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Quelle préparation à l'intervention ?
Quelques jours avant l'intervention,
il est recommandé de prendre des laxatifs afin d'éviter
une première selle dure en postopératoire. Il n'y
a pas de régime alimentaire particulier à suivre.
Une préparation locale par lavement ou suppositoire évacuateur
est souvent proposée quelques heures avant l'intervention.
Il est important de vider sa vessie avant l'intervention pour limiter
les difficultés d'uriner en postopératoire. La prémédication
orale peut inclure un anti-inflammatoire et un antibiotique qui
peuvent être aussi administrés au début de l'intervention
par voie intraveineuse.
Comment se déroule l'intervention
?
Le patient est installé habituellement
en position gynécologique (allongé sur le dos, les
jambes relevées et écartées). La durée
opératoire varie entre 20 et 50 minutes.
Certaines équipes effectuent un bloc des nerfs pudendaux
(qui innervent la région opérée) avant la chirurgie,
sur un malade sous anesthésie. Ce bloc permet de prolonger
l'analgésie plusieurs heures après l'intervention
et de diminuer le recours à des antalgiques comme la morphine
dont les effets secondaires (nausées, vomissements, rétention
d'urines, constipation) sont désagréables (cf. "
prise en charge de la douleur postopératoire en chirurgie
proctologique " dans Proctologie au quotidien sur le site www.proktos.com).
En salle de réveil, l'intensité de la douleur est
évaluée sur une échelle visuelle (EVA, EVS)
pour adapter le traitement antalgique. Le retour en chambre et décidé
après contrôle de la douleur et de l'absence de vessie
pleine.
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Sur quels paramètres porte la surveillance postopératoire
en cours d'hospitalisation ?
La surveillance postopératoire
porte sur 5 points :
- Le contrôle de la douleur
- La reprise d'une capacité d'uriner
normalement
- Le saignement
- La première selle
- Les plaies opératoires
Le contrôle de la douleur
La douleur est spontanément très intense dans les
premières heures au décours d'une hémorroïdectomie
radicale. Elle est moitié moindre après hémorroïdopexie.
Cette douleur est ravivée lors de la première selle
après hémorroïdectomie. Un traitement antalgique
comportant notamment des anti-inflammatoires, du paracetamol est
systématiquement administré pendant les 3 à
5 premiers jours. Ce traitement est complété par des
dérivés de la morphine per os ou par voie sous cutanée
ou du tramadol en fonction de la douleur résiduelle, notamment
à la levée du bloc pudendal.
La reprise d'une miction normale
La première miction est souvent difficile ou incomplète
(15-30% des cas) en raison d'un spasme réflexe du sphincter
vésical. La constitution d'un globe vésical est source
de douleurs parfois difficiles à préciser. Un simple
sondage évacuateur suffit chez la femme. Le problème
est plus compliqué chez l'homme pour lequel l'administration
d'antispasmodique et d'agents alpha 1 bloquant doit être envisagée
avant le sondage vésical. Une fois la vessie vidée
complètement, la miction reprend normalement. Il est donc
important de prévenir ce risque de globe vésicale
en évitant de perfuser trop abondamment les patients durant
l'intervention et en privilégiant l'anesthésie générale
à la rachianesthésie.
Le saignement
Un saignement de faible abondance, au niveau des plaies ou lors
de la première selle est fréquent et non inquiétant.
En revanche, une hémorragie avec émission de caillots
peut survenir dans les premières heures, quelle que soit
la technique opératoire. La surveillance de la fréquence
cardiaque, de la pression artérielle et du pansement est
effectuée régulièrement. En cas d'hémorragie,
un tamponnement local peut suffire mais ne doit pas retarder un
geste d'hémostase à réaliser au bloc opératoire
dans de bonnes conditions (<3%).
La première selle
Les laxatifs sont systématiquement poursuivis en postopératoire
afin d'obtenir une première selle molle dans les 48 à
72 heures. Les patients appréhendent la première défécation
par crainte de la douleur. Si la première selle est facile
en cas d'hémorroïdopexie, la douleur est surtout présente
en cas d'hémorroïdectomie du fait des plaies opératoires.
Certaines équipes prescrivent systématiquement une
purge orale pour éviter la constitution d'un fécalome
(rétention de selles dures). La survenue d'un fécalome
(2% des cas) peut en effet être à l'origine de douleurs
intenses avec un blocage réflexe de la vessie. En cas d'hémorroïdectomie,
il est conseillé des prendre des antalgiques avant la première
défécation et de ne pas s'enfermer dans les toilettes
(risque de malaise vagale). Les selles suivantes sont de moins en
moins douloureuses à condition de poursuivre la prise de
laxatif afin d'obtenir des selles un peu molles. Les douleurs disparaissent
le plus souvent après le cap du 15ème jour.
La surveillance des plaies après
hémorroïdectomie
Les soins locaux relèvent essentiellement d'une hygiène
par douche ou bain de siège à l'eau savonneuse, matin
et soir et après chaque selle. Les antiseptiques locaux n'ont
pas d'intérêt particulier. L'utilisation de lingettes
non alcoolisées peut aider l'essuyage. L'application d'une
crème protectrice, vitaminée ou cicatrisante améliore
le confort local.
L'équipe soignante surveille l'aspect des plaies, l'absence
d'dème ou de thrombose en particulier au niveau des
ponts entre les plaies. Certains effectuent systématiquement
un toucher rectal avant la sortie.
Comment se passe le retour à
domicile ?
Après
hémorroïdopexie
La reprise d'une vie normale est d'emblée envisageable. Il
n'y a pas de soin local particulier et la prise d'antalgiques n'est
pas toujours nécessaire. Quelques saignements peuvent persister
lors de la défécation pendant les premiers jours,
surtout en cas de selles dures. Il faut donc veiller à maintenir
un transit facile, avec des laxatifs pris par voie orale pendant
deux à trois semaines. Il est fréquent de ressentir
des envies pressantes d'évacuer sans être certain qu'il
s'agit d'une selle ou d'un gaz et d'évacuer les selles de
façon fragmentée. Ces sensations sont très
variables d'une personne à l'autre et disparaissent en quelques
jours ou semaines. Les agrafes (minuscules) s'éliminent sans
que l'on s'en rende compte ou s'incrustent dans la paroi du rectum.
Il est possible de les reconnaître sur une radiographie. Elles
n'empêchent pas le passage des portiques de sécurité
aux aéroports. En cas de rapport sexuel anal, il est préférable
d'attendre la consultation postopératoire car il est possible
qu'une agrafe en partie détachée puisse être
blessante. Elle est alors retirée sans douleur lors de l'anuscopie
de contrôle.
Après hémorroïdectomie
Les douleurs peuvent réapparaître après retour
à domicile et il est donc nécessaire d'adapter le
traitement antalgique. Si les douleurs persistent, un spasme réflexe
peut s'installer qui entrave la cicatrisation et aggrave la douleur.
Les soins d'hygiène locaux sont poursuivis comme lors de
l'hospitalisation (sans utiliser de papier toilette) jusqu'à
cicatrisation. Il est normal que les plaies puissent un peu saigner
lors de la défécation ou suinter. Des démangeaisons
sont fréquentes, liées à la fois au suintement
local et au bourgeonnement de cicatrisation. Il n'y a pas de régime
alimentaire particulier à envisager. La prise de laxatifs
est poursuivie de façon adaptée jusqu'à cicatrisation
(4-6 semaines). La reprise d'une vie normale est possible au bout
de 15 jours.
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Dans quels cas faut-il consulter en urgence ?
Quatre circonstances éventuellement associées,
peuvent motiver une consultation urgente :
- un saignement important, a fortiori s'il est associé
à des caillots.
- des douleurs progressivement croissantes non contrôlées
par un traitement antalgique bien suivi
- des difficultés urinaires inhabituelles
- la présence d'une fièvre
Ces complications peuvent survenir au cours des deux
premières semaines. L'hémorragie peut être la
conséquence d'une chute d'escarre. La douleur peut s'expliquer
en particulier par une thrombose hémorroïdaire interne
sous la ligne d'agrafage, ou une thrombose externe sur un pont.
La douleur peut aussi traduire l'apparition d'une fissure précoce,
notamment après évacuation d'une selle dure. L'infection
est très rare et peut concerner un hématome sous muqueux
ou un pont dévascularisé. La prévention de
l'infection passe par une antibiothérapie prophylactique
en peropératoire, souvent poursuivie quelques jours pendant
la durée du traitement anti-inflammatoire.
Il est parfois nécessaire d'examiner les patients sous anesthésie
générale pour permettre un diagnostic précis
de l'éventuelle complication et la traiter dans le même
temps. Ces complications, bien que rares, justifient que le patient
reste à proximité de l'équipe soignante pendant
les deux à trois premières semaines postopératoires.
La première visite postopératoire
?
Il est souhaitable d'avoir une nouvelle
consultation dans les deux à trois semaines qui suivent l'intervention.
Le chirurgien s'informe en premier lieu de l'éventualité
d'une douleur résiduelle et de son traitement, de la qualité
du transit intestinal, de la disparition de tous saignements. Il
contrôle la cicatrisation locale.
En cas d'hémorroïdopexie, le toucher rectal et l'anuscopie
vérifient le calibre et la hauteur de l'agrafage et la bonne
qualité de la réduction des hémorroïdes
internes. Une consultation ultérieure est prévue à
distance.
En cas d'hémorroïdectomie, l'inspection des plaies est
suivie d'une toucher rectal pour vérifier l'absence de rétrécissement
encore réversible à ce stade. Si l'examen constate
une cicatrisation sténosante, il est conseillé au
patient d'introduire quotidiennement un suppositoire en pratiquant
un toucher avec un doigtier. Si le patient ne peut le faire, les
consultations sont renouvelées de façon rapprochée
pour éviter une sténose et/ou l'apparition d'une fissure.
Dans ce cas, on pourrait être amené à pratiquer
une nouvelle intervention (anoplastie, sphinctérotomie).
Le rythme des consultations est ensuite déterminé
par l'évolution de la cicatrisation des plaies. En effet
un bourgeonnement excessif provoque une gène locale avec
suintement voire saignement et freine la repousse concentrique du
tissu épithélial. Le nitratage local (tamponnement
des bourgeons avec un bâtonnet de nitrate d'argent) permet
de contrôler le bourgeonnement et de "diriger" la
cicatrisation. La cicatrisation se prolonge parfois au-delà
du troisième mois sans être pour autant douloureuse.
On parle alors de retard de cicatrisation, sans que cela ait une
signification péjorative. La surveillance doit être
poursuivie jusqu'à cicatrisation complète.
La qualité du suivi après hémorroïdectomie
tient une grande place dans la qualité du résultat
final. La reprise des activités sportives (en particulier
la natation) est possible le plus souvent après le premier
mois, mais dépend de la cicatrisation.
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Quelle est la durée de l'arrêt de travail ?
La durée de l'arrêt de travail est modulée
en fonction des constatations de la première visite postopératoire
et du type d'activité professionnelle. La durée moyenne
est de une à deux semaines après hémorroïdopexie
et de trois à quatre semaines après hémorroïdectomie.
Peut il y avoir des conséquences
de la chirurgie hémorroïdaire sur la continence anale
?
Que ce soit après hémorroïdopexie
ou après hémorroïdectomie, il est très
rare de constater une incontinence au gaz ou aux selles molles une
fois la phase de cicatrisation terminée. L'incontinence peut
être liée à une distension excessive du sphincter
interne lors de l'hémorroïdopexie, ou à une dissection
dans les fibres de ce sphincter lors de l'hémorroïdectomie
ou à une perte de la sensibilité en cas de résection
muqueuse excessive par l'une ou l'autre technique. Cependant, le
plus souvent, la qualité du sphincter était altérée
avant l'intervention et la chirurgie n'a fait que démasquer
le problème. Il est donc important lors de la consultation
préopératoire d'évaluer la qualité de
la continence anale et de réaliser les explorations complémentaires
adaptées si nécessaire.
Quel est le degré de satisfaction
des patients après chirurgie hémorroïdaire ?
Le degré de satisfaction est corrélé à
l'amélioration de la qualité de vie retrouvée
par le patient une fois la cicatrisation terminée par rapport
à la gêne quotidienne qu'il éprouvait auparavant.
Que ce soit après hémorroïdopexie ou hémorroïdectomie,
les patients sont satisfaits à 90%.
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Dr. Béatrice Vinson - Bonnet
Mis en ligne en Mars 2008
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Pour en savoir plus :
1. Abramowitz L, Godeberge P, Staumon
G. Recommandations pour la Pratique Clinique sur le traitement de la maladie
hémorroïdaire. Gastroenterol Clin Biol 2001;25:674-702
2. Suduca JM, Staumont G, Gorez E. Traitement de la maladie
hémorroïdaire. Siproudhis L Panis Y Bigard MA, in Traité
des maladies de l'anus et du rectum. Elsevier-Masson, Paris 2006
3. Sénéjoux A. Stratégie
de prise en charge et de suivi au décours de l'hémorroïdectomie
pédiculaire. Colon & Rectum 2006;1:47-52
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