Le sinus ou kyste pilonidal est la manifestation
d'une suppuration aigue ou chronique en réaction à
l'accumulation de poils ayant pénétré dans
le derme. La localisation la plus fréquente concerne la
région sacro-coccygienne (d'où l'ancienne dénomination
de kyste sacro-coccygien).

Figure : Sinus pilonidal.
PATHOGENIE
La zone de pénétration
des poils libres se situe dans les " fossettes " du
sillon inter fessier. Les poils migrent sous la peau, créant
ainsi un trajet fistuleux le plus souvent médian et céphalique
puis latéralement. Ces poils se comportent comme des corps
étrangers et déclenchent une réaction inflammatoire
à fin de les lyser et de les éliminer. Le granulome
inflammatoire prend la forme d'un pseudokyste (sans paroi propre).
Ce kyste sous cutané peut rester simplement inflammatoire
jusqu'au jour où il s'infecte. L'évolution se fait
alors soit vers l'abcédation aigue, soit vers la fistulisation
chronique à la peau.
La maladie pilonidale a été
décrite sous le nom de " jeep disease " du fait
de sa fréquence chez les jeunes soldats américains
au cours de la deuxième mondiale et la guerre de Corée.
Le pic de fréquence de cette maladie concerne l'adulte
jeune, avec une nette prédominance masculine (75%). L'incidence
globale dans la population générale est estimée
à 26/100000.
Les facteurs prédisposant seraient
la présence de " fossettes " congénitales
dans le sillon inter fessier (constaté chez 1% des étudiants
américains et 4,5% des soldats de l'armée turque,
de façon asymptomatique), une pilosité ou duvet
post-pubère (rôle d'un facteur hormonal sur les follicules
pileux) et souvent des phénomènes de friction /
macération (conducteurs d'engin).
PIEGES DIAGNOSTIQUES
Le diagnostic de kyste pilonidal repose sur l'identification d'un
ou plusieurs orifices inflammatoires (ou fossettes) situés
dans le sillon inter fessier (plus facile à examiner sur
un patient en position genu pectorale et éventuellement
après rasage).
Il est ainsi le plus souvent aisé
de différencier le sinus pilonidal des autres causes fréquentes
de suppuration locale telles que la maladie de Verneuil (multiples
trajets fistuleux), une fistule anale (en particulier lorsque
le sinus pilonidal se dirige vers la marge anale se qui impose
une anuscopie)
Dans sa forme chronique, kystique,
non fistulisée, et en l'absence de fossette inflammatoire,
il faut savoir évoquer des tumeurs très rares d'origine
vestigiale ou secondaires à une anomalie du tube neural.
Un examen IRM du cône terminal et de la région sacro
coccygienne précisera le diagnostic en cas de doute clinique.
La dégénérescence
épidermoïde d'un kyste pilonidal, qui peut concerne
toute suppuration chronique, est exceptionnelle.
ASPECTS CLINIQUES
La forme aiguë est retrouvée dans un peu plus de
la moitié des cas : apparition plus ou moins rapide d'une
tuméfaction douloureuse, rouge, chaude, siégeant
dans le sillon inter fessier ou légèrement latéralisée;
il peut y avoir évacuation spontanée du pus par
les fossettes ou par un ou des orifices externes.
La forme chronique succède à la phase aiguë
ou peut survenir d'emblée: sécrétion purulente
ou séro-purulente, indolore mais pouvant engendrer gênes
et démangeaisons, s'évacuant par une fossette ou
un orifice secondaire latéralisé