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Le sinus pilonidal est une suppuration aiguë ou chronique
parfois appelée improprement "kyste sacro coccygien"
en raison de sa localisation préférentielle au niveau
du sillon inter fessier (mais il n'y a aucune relation avec le
sacrum et le coccyx, il n'y a pas non plus de membrane propre).
C'est une cavité pseudo-kystique siégeant dans le
tissu sous cutané, à paroi granulomateuse, située
le plus souvent au niveau du sillon interfessier et communicant
avec la peau par de petits conduit s'ouvrants par de minuscules
orifices au niveau de la ligne médiane : les fossettes.

Figure : Sinus pilonidal.
La fréquence exacte du sinus
pilonidal est très difficile à évaluer ;
durant la 2ème guerre mondiale et la guerre de Corée,
sa fréquence chez les jeunes soldats américains
l'avait fait nommer "Jeep Disease". En France, lors
de l'année 2000, il a été pratiqué
17.832 traitements chirurgicaux sous anesthésie générale
pour cette pathologie (mais une certaine prudence est de mise
sur ces statistiques). Cependant dans un service spécialisé,
elle ne présente que 9,1% des suppurations de la région
anale. Une nette prédominance masculine (75% est notée
pratiquement toutes les statistiques). Il faut remarquer que si
la localisation au niveau du sillon inter fessier est largement
prédominante, elle n'est pas exclusive, le sinus pouvant
siéger en avant au niveau du raphé médian
antérieur dans environ 5% des cas.
PATHOGENIE
Elle est controversée et il
existe plusieurs théories sur l'origine de la maladie pilonidale.
Dans la théorie congénitale, les fossettes et la
cavité seraient d'origine embryologique (mauvaise fermeture
du tube neural, anomalie de formation du tissu de revêtement).
Dans la théorie acquise, il y aurait rupture des poils
qui pénétreraient dans la peau créant une
réaction, à corps étranger responsable de
la cavité à paroi granulomateuse. Une 3ème
théorie évoque une origine mixte avec pénétration
de poils au niveau des fossettes congénitales favorisée
les microtraumatismes (on retrouve la Jeep Disease). En fin certains
facteurs favorisants sont évoqués : obésité,
pilosité (mais il existe des sinus pilonidaux chez les
sujets glabres).
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ASPECTS CLINIQUES
La présence de fossette dans un sillon
interfessier sans aucun symptôme est relativement fréquente
: 1% des étudiants Nord américains et une incidence
dans l'armée turque de 4,3% en 1997. l'infection survient
chez l'adulte jeune entre 16 et 24 ans ( rôle d'un facteur
hormonal sexuel lors de la modification des follicules pileux ?).
Comme toute suppuration, il existe une forme aiguë et une forme
chronique (en dehors de la constatation de fossettes asymptomatiques).
La forme aiguë est retrouvée
dans un peu plus de la moitié des cas : apparition plus ou
moins rapide d'une tuméfaction douloureuse, rouge, chaude,
siégeant dans le sillon inter fessier ou légèrement
latéralisée; il peut y avoir évacuation spontanée
du pus par les fossettes ou par un orifice externe ou par incision
chirurgicale. Bien que rare, la régression spontanée
est également possible.
La forme chronique succède à la phase aiguë ou
peut survenir d'emblée: sécrétion purulente
ou séro-purulente, indolore mais pouvant engendrer gênes
et démangeaisons, s'évacuant par une fossette ou un
orifice secondaire latéralisé. Il ne faut pas confondre
avec un orifice externe de fistule anale d'où la nécessité
d'un examen proctologique complet. L'existence de multiples orifices
externes doit également faire éliminer une maladie
de Verneuil beaucoup plus rare. L'évolution vers une dégénérescence
épidermoïde est exceptionnelle comme dans toute suppuration
chronique.
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TRAITEMENTS
A la phase aiguë d'abcès
: l'incision, le plus souvent en ambulatoire permet d'évacuer
le pus, éventuellement de poser un drainage par séton
mais ne réalise pas le traitement en soi de la maladie
pilonidale car il y a plus de 50% de récidive à
court terme.
En phase chronique : le nombre de techniques proposées
est impressionnant et le choix d'un procédé est
fonction de nombreux facteurs : importance du sinus récidivé
ou non, habitude personnelle suivant que l'on est proctologue,
chirurgien digestif ou plasticien ainsi que la possibilité
de suivi du patient.
LES TECHNIQUES CONSERVATRICES
- Le curetage phénolisation consiste après
excision des orifices suppurants à cureter le sinus et
à injecter du phénol dans le trajet qui est ensuite
ré-aspiré 2 minutes plus tard avant un nouveau curetage.
Le taux de récidive est malheureusement très élevé
supérieur à 30 % dès la première année.
- Le drainage filiforme qui a pu être posé après
incision de l'abcès est laissé en place 6 à
8 semaines, ce qui permet de réduire la cavité qui
se superficialise et il est alors possible de simplement inciser
ou exciser le couvercle cutané.
LES TECHNIQUES D'EXERESE
Elles consistent à enlever la totalité
du sinus puis soit à laisser la plaie cicatriser en suivant
régulièrement le patient, soit à suturer
les plaies, soit à la combler par une plastie cutanée.
L'exérèse se fait après injection de bleu
de méthylène par l'orifice externe ou une fossette
pour bien repérer tout le sinus et ses éventuelles
expansions. L'exérèse se fait le plus symétriquement
possible par rapport au sillon inter fessier (pour préparer
une éventuelle suture) sans toucher au fascia sacro coccygien.
On peut laisser la plaie ouverte pour qu'elle cicatrice progressivement
en suivant régulièrement le patient et en adaptant
les soins postopératoires au fur et à mesure de
la cicatrisation dite dirigée qui est longue. Cette technique
est largement utilisée en France (64% des interventions
pour sinus pilonidaux). La récidive avec un suivi supérieur
à 3 ans est faible de l'ordre de 5%. Elle a le mérite
de conserver le sillon inter fessier souple bien pratique pour
la position assise confortable.
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LES TECHNIQUES DE SUTURES
Après excision permettent une cicatrisation plus rapide
en 15 jours en moyenne. La suture peut être médiane
mais avec un risque de complication immédiate d'environ
30% et un taux d'échec précoce et de récidive
de plus de 10%. Pour éviter ces inconvénients certains
utilisent une marsupialisation de la plaie ou la suture latéralisée
parallèle au sillon interfessier (par décollement
d'un lambeau contro-latéral) qui semble donner de meilleurs
résultats.
LES TECHNIQUES DE PLASTIE CUTANEE
Les techniques de plastie cutanée pour
combler la plaie sont très variées (en Z, VY, en
losange) et ne représentent en France que 13% des pratiques.
La cicatrisation est rapide, le risque de lâchage ou de
nécrose varient de 0% à 40% !
EN CONCLUSION
Le sinus pilonidal est une infection relativement
fréquente de l'adulte jeune dont le meilleur traitement
est chirurgical qui même dans les services spécialisés
donne un taux de récidive de l'ordre de 5%.
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Sinus Pilonidal
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Pr. Jean DENIS
Mis en ligne en Février 2005
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