Quelles complications du prolapsus peuvent être observées
?
La paroi du rectum peut être
endommagée par sa mobilité anormale, son passage
dans le défilé étroit de l'anus ou lorsqu'il
ressort. Il n'est donc pas rare qu'il puisse se former des plaies
ou ulcères, une inflammation ou un dème. Dans
de très rares situations, il peut être enserré
par l'anneau des sphincters qui ferment l'anus et ne plus pouvoir
réintégrer l'intestin : on parle alors d'étranglement.
Il est observé dans près de la moitié des
cas un relâchement des muscles de l'anus pour une raison
qui n'est pas totalement éclaircie (dilatation anale répétée)
: des difficultés à retenir les gaz, les glaires
et les selles en sont les signes les plus fréquents.
Quels sont les principes du traitement ?
Dans un concept purement mécanique de la
guérison, on conçoit qu'il faille entraver cette
sortie anormale de paroi rectale. Une approche simple consiste
à corriger la constipation et à limiter les efforts
de poussée. Cette stratégie est privilégiée
lorsqu'il s'agit d'un prolapsus de l'enfant ou lorsque la situation
a été observée de façon exceptionnelle
dans un contexte tout aussi exceptionnel (épisode de constipation
sévère et isolé ayant induit des efforts
de poussée exagérés).
Dans les autres situations, cette approche ne suffit pas et il
faut recourir à une chirurgie de fixation de la paroi rectale.
Un premier concept est de réaliser un plissement suffisamment
épais de la paroi rectale ou encore de la fixer par une
prothèse souple afin qu'elle ne ressorte plus. Ces stratégies
peuvent modifier les conditions de défécation et
induire ou aggraver la constipation.
Une troisième option peut être d'enlever toute ou
partie de la paroi du rectum : ces techniques réduisent
néanmoins les capacités du réservoir rectal
avec les conséquences qu'on peut comprendre (selles plus
fréquentes et impérieuses, incontinence majorée).
Le choix du type de traitement chirurgical dépend de nombreux
paramètres que sont l'âge, l'importance du prolapsus,
la sévérité des signes associés au
prolapsus (constipation incontinence) avant le traitement, la
présence d'autres prolapsus associés qu'il faudra
traiter dans le même temps.
Aucune stratégie chirurgicale n'est actuellement vraiment
supérieure aux autres : elles ont dans certaines situations
plus ou moins d'avantages que vous devez évoquer avec votre
médecin.