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Diverticulose sigmoïdienne  |
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Cette rubrique
abordera les maladies colo-proctologiques les plus courantes avec
deux principes fondamentaux :
1- L'information destinée aux patients doit être de
même qualité scientifique que celle délivrée
aux médecins.
2- Cette information doit être écrite dans une langue
claire et accessible aux non-spécialistes. Il s'agira donc
de bannir les termes par trop techniques et d'adjoindre un glossaire
pour les termes incontournables.
Nous espérons que cette rubrique vous apportera les éclaircissements
que vous attendez. Nous sommes, bien entendu, à votre disposition
pour toute remarque ou demande de votre part.
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Diverticulose
sigmoïdienne |
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INTRODUCTION
La diverticulose est une anomalie fréquente
du gros intestin et sa fréquence augmente avec l'âge.
Elle concerne plus d'un tiers des patients âgés de
plus de 60 ans et près de la moitié des patients
après 90 ans. Il est classiquement admis que dans 70% des
cas, la diverticulose ne produit aucune gêne alors que dans
30% des cas, elle aura une traduction clinique (appelée
diverticulite sigmoïdienne) avec un risque de complications
(hémorragie, abcès, perforation et péritonite).
Après un premier épisode de plainte, un tiers des
personnes vont récidiver. Le risque de récidive
est lié à deux critères : un âge de
moins de 50 ans et la sévérité des lésions
au scanner.
QU'EST CE QUE LA DIVERTICULOSE SIGMOÏDIENNE
?
Un diverticule est une petite hernie de la paroi
du côlon (Figure 1). La diverticulose colique est définie
par la présence de plusieurs diverticules dont le nombre
est très variable. Leur siège est généralement
situé au niveau du côlon sigmoïde, parfois étendu
à tout le cadre colique mais jamais au niveau du rectum
(Figure 2). Plusieurs facteurs semblent favoriser leur survenue
tels que l'âge ainsi qu'une alimentation pauvre en fibres.

Figure 1: Vue endoscopique d'un diverticule

Figure 2: Schéma d'un colon diverticulaire
Chaque diverticule constitue une poche où
les selles vont pénétrer, stagner et parfois se
dessécher en formant un calcul stercoral (ou coprolithe)
qui est susceptible de provoquer des érosions traumatiques
ou des "bouchons". Ainsi, peut se faire progressivement
le passage d'une forme simple à un forme compliquée
de diverticulose soit de type hémorragique (concerne plutôt
les diverticules situés au niveau du colon droit) ou soit
de type inflammatoire avec le risque de perforation, d'abcès
ou de péritonite (concerne seulement ceux situés
au niveau du colon gauche).
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QUELLES DIFFERENCES ENTRE DIVERTICULOSE
ET DIVERTICULITE ?
Le diagnostic de diverticulose est
le plus souvent fortuit (diagnostic radiologique au lavement ou
au scanner) car ces anomalies sont fréquentes et elles ne
produisent le plus souvent aucune plainte. Ainsi la diverticulose
n'est pas une maladie mais une anomalie anatomique, et ne nécessite
donc aucun traitement. Il peut coexister parfois un tableau de colopathie
fonctionnelle avec des douleurs abdominales et/ou des troubles du
transit (constipation - diarrhée), mais alors, les diverticules
ne sont pas responsables des plaintes.
La diverticulite sigmoïdienne a une traduction clinique peu
spécifique et associe des douleurs abdominales de la fosse
iliaque gauche et/ou de l'hypogastre, de la fièvre, des troubles
du transit. Le bilan biologique montre un syndrome inflammatoire
(CRP élevée) et infectieux (hyperleucocytose).
En fait, seule l'imagerie permet d'affirmer la complication infectieuse
de la diverticulose. Ni le cliché d'abdomen sans préparation
(ASP), ni le lavement ne sont utiles en première intention
chez un patient cliniquement suspect de diverticulite. Seule le
scanner est l'examen de référence. Il permettra d'une
part de confirmer le diagnostic en objectivant à la fois
des diverticules mais également leurs complications (épaississement
de la paroi du colon, modification de la graisse qui entoure le
colon, abcès et d'autre part, d'établir la gravité
(présence d'un abcès péricolique et/ou présence
de d'air ou de produit de contraste en dehors du colon) (Figure
3).

Figure 3: Aspect lors du scanner d'une
diverticulite
sigmoïdienne compliquée d'un abcès péri
colique
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QUELS TRAITEMENTS EN URGENCE DE LA DIVERTICULITE SIGMOÏDIENNE?
Le traitement de la diverticulite
(traitement de la crise et traitement électif) est sujet
à controverses et a fait l'objet de récentes Recommandations
pour la Pratique Clinique (RPC) en 2006. Les complications de
la diverticulite sigmoïdienne sont infectieuses dans 95%
des cas. Leur prise en charge thérapeutique est conditionnée
par l'état général du patient et par la gravité
de l'infection évaluée en 4 stades (classification
de Hinchey). De plus, cette prise en charge s'est modifiée
du fait de la place croissante de la laparoscopie (coelioscopie)
en chirurgie colorectale bénigne mais aussi des progrès
de la radiologie interventionnelle.
Schématiquement :
1/ En cas de stade I et II de Hinchey (abcès péri
colique et pelvien) la ponction +/- drainage de l'abcès
sous contrôle radiologique (ponction et mise en place d'un
drain dans la cavité de l'abcès sans intervention)
avec antibiothérapie doit être proposée en
première intention. Néanmoins, en cas d'échec
ou d'impossibilité de celui-ci, une ablation de la zone
de colon intéressé par l'inflammation avec rétablissement
immédiat de la continuité digestive (éventuellement
protégée par un anus artificiel temporaire) par
laparoscopie peut être réalisée.
2/ En cas de péritonite généralisée
(stade III ou IV de Hinchey), le traitement chirurgical de référence
est consiste à enlever chirurgicalement la portion de colon
malade, de fermer la partie basse du colon qui est dans la continuité
de l'anus (rectum) et de mettre l'autre extrémité
du colon à la peau (colostomie ou anus artificiel). Le
principal risque est de ne jamais rétablir la continuité
digestive, notamment chez les sujets âgés et à
haut risque chirurgical. Ainsi, actuellement, il est préférable,
si les conditions locales le permettent, de proposer d'emblée
une résection-anastomose avec stomie temporaire de protection
(comme l'approche proposée ci-dessus).
QUE FAIRE UNE FOIS QUE L'EPISODE D'INFECTION
A ETE CONTROLE ?
Le traitement chirurgical "à
froid" (sigmoïdectomie prophylactique), dont l'objectif
est de prévenir les poussées ultérieures
de diverticulite, et surtout leurs complications éventuelles
est sujet à controverses. L'essor récent de la chirurgie
colorectale par coelioscopie a favorisé l'attitude "agressive"
chirurgicale de colectomie prophylactique sans que celle ci ne
soit forcément justifiée. Le préambule indispensable
à cette discussion est d'avoir la preuve formelle de chaque
crise de diverticulite (prouvée par TDM) et d'éviter
de porter une indication chirurgicale chez un patient souffrant
d'un autre trouble digestif comme une colopathie fonctionnelle.
La colectomie sigmoïdienne est indiquée quel que soit
le nombre de poussées et quel que soit l'âge, chez
les patients à haut risque de récidive, c'est-à-dire
ceux présentant une forme compliquée clinique et/ou
radiologique, c'est-à-dire avec fistule et/ou abcès.
Il n'existe pas de consensus concernant les patients âgés
de moins de 50 ans, aussi à risque plus élevé
de récidive, ayant eu une première crise non compliquée.
De plus, le bénéfice réel de la chirurgie
prophylactique, même après deux ou trois poussées,
chez tous les autres patients (c'est-à-dire de plus de
50 ans, et/ou avec poussée non sévère au
scanner) n'est pas clairement démontré. En effet,
chez ces patients, le risque de présenter une poussée
ultérieure grave est très faible (inférieur
à 5%).
L'examen endoscopique pré opératoire du colon (ou
coloscopie) est recommandé, en particulier chez les patients
de plus de 50 ans, et chez les patients à risque élevé
de cancer recto-colique (antécédents familiaux).
Enfin, le bénéfice de l'abord coelioscopique (comparé
à la chirurgie conventionnelle par laparotomie) est clairement
montré en terme de complications post opératoires
(plus faibles) et d'une durée d'hospitalisation (plus courte).
QUE FAIRE LORSQUE LES DIVERTICULES
SE COMPLIQUENT DE SAIGNEMENTS ?
La place du traitement chirurgical
s'est considérablement réduite du fait des progrès
des traitements médicaux, radiologiques et endoscopiques.
Une origine diverticulaire est retrouvée dans 25 à
40% des causes d'hémorragie digestive basse. Plus de 80%
des épisodes hémorragiques vont s'arrêter
spontanément mais le taux de récidive est élevé
(25% des cas).
L'indication chirurgicale peut être posée d'emblée
chez des patients qui présentent soit d'emblée une
hémorragie abondante avec un retentissement hémodynamique
sévère. La chirurgie peut également être
indiquée lorsque le saignement récidive précocement
après un premier épisode ou lorsqu'il persiste après
échec des procédés thérapeutiques
radiologiques (artériographie) ou endoscopiques. Lorsqu'il
faut traiter un saignement d'origine diverticulaire, la grande
difficulté que rencontrent les médecins est celle
d'identifier précisément le site du saignement.
Deux examens sont proposés pour essayer de localiser la
cause du saignement : la coloscopie totale (avec éventuellement
un geste endoscopique du traitement du saignement dans le même
temps) et le scanner avec injection iodée intraveineuse.
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Voir FAQ Diverticulose sigmoïdienne
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Dr. Frédéric BRETAGNOL,
Pr. Yves PANIS
Mis en ligne en mai 2007
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