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Névralgie
pudendale ou Syndrome du canal d'Alcock  |
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INTRODUCTION
Les douleurs du petit bassin et du périnée
peuvent être en rapport avec des maladies bien documentées
de la vessie (cystite), des organes génitaux (tumeurs,
kystes), de la région anorectale (hémorroïdes,
abcès fissure, cancer), des os du bassin ou de la partie
terminale de la moelle épinière. Il est cependant
des situations où les douleurs ne trouvent pas d'explication
après un examen approfondi complété d'explorations
radiologiques et endoscopiques.
Dans ces situations, on peut évoquer une origine neurologique,
musculaire ou fonctionnelle aux douleurs décrites. Le diagnostic
repose le plus souvent sur les seuls signes de la présentation
et de l'examen clinique. La névralgie pudendale ou syndrome
du canal d'Alcock est l'une de ses situations.
PRESENTATION
Les personnes se plaignent habituellement de douleurs
du "siège" (de l'anus au pubis) accentuées
en position assise prolongée, soulagées par le repos
(sans douleur nocturne). La douleur est décrite comme une
brûlure, un tiraillement, un engourdissement et elle a tendance
à s'aggraver au cours de la journée pour se calmer
la nuit. Elle est plus souvent latéralisée d'un
côté. Elle peut s'accompagner d'une sensation de
"corps étranger" dans le rectum ou le vagin.
Ces douleurs évoluent le plus souvent depuis plusieurs
mois au moment où les personnes consultent.
A l'inverse les douleurs qui surviennent uniquement lors de la
défécation, lors de l'appui sur le coccyx, sur la
fesse, le pubis ou la bas du ventre ne sont le plus souvent pas
en rapport avec le syndrome du canal d'Alcock.
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LE MECANISME
L'hypothèse avancée pour
expliquer ces douleurs positionnelles si particulières repose
sur le concept de compression du nerf pudendal. Ce nerf important,
puisqu'il commande entre autres les muscles profonds du petit bassin
et des sphincters, chemine dans un défilé étroit
contre l'os du bassin ; Il traverse des zones de rétrécissement
au contact des tendons d'insertion des muscles et des ligaments.
A l'occasion de microtraumatismes (appui répété)
ou dans des circonstances non encore clairement identifiées,
la constitution d'une zone cicatricielle peut gêner la mobilité
du nerf dans sa gaine et induire des signes de "souffrance"
du nerf sur tout le long de son trajet.
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LA PREUVE DU DIAGNOSTIC
Il n'existe pas d'examen qui permette
d'assurer le diagnostic avec certitude. Ce sont souvent les signes
de la présentation et de l'examen du médecin qui
constituent les meilleurs compromis, comme c'est également
le cas pour d'autres maladies (fibromyalgies
). Les signes
cliniques énoncés ci-dessus, une sensibilité
lors de la palpation de la région que le nerf pudendal
innerve et la reproduction de la douleur lors de la palpation
profonde sur une zone précise du trajet du nerf constituent
les preuves les plus convaincantes du diagnostic. Certains médecins
ont recours à des explorations supplémentaires qui
étudient la conduction électrique du nerf.
Ces méthodes n'ont de valeur que chez l'homme ou la femme
jeune sans passé d'accouchement.
Le meilleur test diagnostique consiste à réaliser
l'injection, sous contrôle radiologique, d'un agent anesthésique
dans l'une des zones présumées de compression du
nerf. La disparition de la douleur (ne serait ce que pendant quelques
heures) a une forte valeur diagnostique.

Figure 1 : Block pudendal.
LES TRAITEMENTS
Trois types de traitement peuvent
être proposés pour contrôler les douleurs du
syndrome du canal d'Alcock que sont les médicaments, les
infiltrations et la chirurgie.
Les médicaments communément utilisés dans
le contrôle des douleurs de tout type peuvent être
proposés et sont parfois suffisants (paracétamol,
tramadol, anti-inflammatoires). Certains médicaments peuvent
avoir une action plus ciblée sur les douleurs liées
à la souffrance d'un nerf. On ne dispose pas de données
scientifiques permettant de préciser le bénéfice
apporté par ces seuls traitements.
Les méthodes d'infiltration reposent sur la même
approche que celles utilisées pour le test diagnostique
: le trajet du nerf et la zone supposée du conflit sont
repérés à l'occasion d'un scanner du petit
bassin réalisé sur une personne à plat ventre.
La ponction est peu douloureuse et elle ne nécessite pas
d'anesthésie générale. Un produit à
base de corticoïdes est injecté. L'efficacité
de cette approche ne peut être apprécié qu'après
un mois. Environ un à deux tiers des personnes tirent un
soulagement de cette infiltration. L'efficacité peut s'épuiser
avec le temps et imposer plusieurs infiltrations.

Figure 2 : Infltration de corticoïdes
sous contrôle radiologique.
L'approche chirurgicale consiste à réaliser
une libération du nerf aux principaux points de compression
rencontrés et de déplacer le cheminement de ce nerf
pour éviter de nouvelles compressions. Cette technique
s'appelle la "neurolyse transposition". Elle se pratique
par une incision de quelques centimètres à la partie
haute de la fesse. Elle impose une anesthésie générale
et quatre jours d'hospitalisation environ. L'amélioration
après chirurgie est le plus souvent lente et l'efficacité
du geste est souvent jugée au terme de la première
année de suivi. La chirurgie est le plus habituellement
proposée lors de récidives après une ou plusieurs
infiltrations.
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Voir
FAQ Névralgie pudendale
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Pr. Laurent SIPROUDHIS
Mis en ligne en mars 2007
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