5. Quand et à quelles explorations faut il recourir
?
Certaines explorations
sont parfois nécessaires pour affiner la compréhension
des troubles de la continence et guider au mieux le traitement.
Elles sont le plus souvent proposées en cas d'échec
des traitements hygiéno-diététiques et des
exercices musculaires. On distingue trois types d'explorations
: celles qui mesurent la fonction de l'anus et du rectum (cf fiche
manométrie anorectale), celles qui identifient des déchirures
ou des plaies des muscles sphinctériens (cf fiche
échographie sphinctérienne), celles qui recherchent
des signes d'atteinte des nerfs pelviens (explorations neurophysiologiques).
Ces explorations sont utiles dans deux situations : lorsqu'on
souhaite quantifier un handicap avant une prise en charge chirurgicale
(choisir un type de chirurgie en fonction de la nature des lésions
observées, mesurer avant/après, rechercher des signes
préalables encourageants vis-à-vis du résultat
attendu), ou lorsqu'il existe une discordance entre les données
de l'examen clinique du médecin et l'importance des troubles
décrits (par exemple lorsqu'on a la perception que les
sphincters de l'anus ont un fonctionnement normal chez une personne
très incontinente).

Echographie
: destruction partielle du sphincter anal interne (halo noir)
après chirurgie des hémorroïdes.
6. Quels types de traitements sont
envisagés ?
Les conseils concernant l'hygiène
défécatoire et la régularisation du transit
sont particulièrement utiles et trop souvent négligés.
Il est important de veiller à un transit régulier,
rester vigilant vis-à-vis des envies défécatoires
(qui ne doivent pas être différées dans la
mesure du possible) et de la qualité de l'évacuation
du bol défécatoire. Il peut être nécessaire
de compléter une évacuation jugée insuffisante
par des laxatifs locaux peu irritants. La régularisation
du transit peut faire appel à des mucilages sous forme
de compléments diététiques ou de médicaments
pour régulariser la consistance des selles. Certains freinateurs
du transit comme le lopéramide sont parfois utile chez
les personnes qui souffrent d'impériosités fécales
(notamment après les repas). A ces précautions,
des exercices courts (10 minutes) et quotidiens de contraction
volontaire répétitive de l'anus sont proposés
: il faut veiller à dissocier la contraction du ventre
et des fesses de celle des sphincters et respecter des temps de
repos deux fois plus important que les temps de travail.
Les méthodes rééducatives
utilisent l'expertise et la compétence de kinésithérapeutes
qui guident la réalisation des exercices, proposent un
programme de suivi et apportent des aides supplémentaires
sous forme de supports visuels ou auditifs (biofeedback) ou sous
forme de rééducation plus spécifiques (sensibilité
du rectum, coordination musculaire). Il est possible que le soutien
kinésithérapique apporte un bénéfice
supplémentaire important au traitement et tout particulièrement
lorsque la personne soignée et le kinésithérapeute
sont motivés. Néanmoins certaines études
anglo-saxonnes récentes remettent en cause la pertinence
par rapport à une simple éducation diététique
et sanitaire.
Les méthodes chirurgicales peuvent être grossièrement
séparée en deux catégories. Celles qui assurent
une amélioration de la fonction en conservant l'anatomie
habituelle de l'anus (technique de réparation sphinctérienne,
stimulation des nerfs pelviens, radiofréquence) et celles
qui reposent sur un procédé de substitution sphinctérienne
(sphincter anal artificiel, graciloplastie dynamisée, implants
de matériaux inertes de type biosilicones). Chacune de
ces méthodes fait l'objet d'une information précise
et détaillée (réparation sphinctérienne,
neuromodulation des racines sacrées, sphincter anal artificiel).
Ces méthodes sont choisies en fonction de la sévérité
de l'incontinence et des anomalies constatées sur les données
des examens complémentaires. Leurs indications ne sont
pas toujours très faciles à poser et elles imposent
souvent une importante implication de la personne soignée
à la fois en terme d'informations (lourdeur du geste chirurgical,
complications, épuisement d'effet avec le suivi) et de
décision (quelle stratégie est la mieux adaptée
et la mieux perçue par l'intéressé ?).