PRESENTATION |
ESPACE
PATIENT |
|
|
LES
ARCHIVES |
|
| |
QU'EST-CE QUE L'HERPES ?
L'herpès est une maladie infectieuse
due à un virus n'affectant que l'espèce humaine.
C'est une maladie chronique qui évolue par poussées.
On l'attrape à partir d'une personne déjà
infectée qui produit de façon intermittente ce virus
à la surface de sa peau ou dans sa salive. Deux types de
virus herpes simplex existent, appelés type 1 et
type 2. Chaque type a un territoire de prédilection, mais
non exclusif. L'herpès virus de type 1 est plus de 9 fois
sur 10 responsable des herpès des lèvres (bouton
de fièvre). Le type 2 est responsable de trois quarts des
infections génitales et anales ; il partage ce territoire
avec le type 1 dont la fréquence relative augmente, surtout
chez la femme et chez les jeunes.
EST-CE GRAVE ?
Chez l'adulte en bonne santé
cette maladie peut être gênante, mais elle n'est jamais
grave. Par contre chez le nouveau né et chez le nourrisson
elle peut diffuser au cerveau et être mortelle. Chez les
malades atteints d'immunodépression (SIDA) ou de certaines
maladies de peau sévères elle peut être dangereuse.
COMMENT SE MANIFESTE CE VIRUS ?
Au moment de la contamination le virus pénètre dans
la peau, le plus souvent silencieusement. Mais dans 20 à
60 % des cas, il donne à cette occasion une première
poussée importante. Ces signes apparaissent en moyenne
5 à 7 jours après le contact infectant, ils durent
environ 10 à 20 jours. Des petites bulles se forment sur
une zone plus ou moins étendue de l'anus, des fesses ou
des organes génitaux avec une sensation de brûlure
et de cuisson. Des signes urinaires sont fréquents (envie
fréquente d'uriner, brûlures en urinant) ainsi qu'un
ganglion sensible dans l'aine, voire de la fièvre.

Figure 1 : Herpès périanal
à herpès virus de type 2, première poussée.
Une fois rentré dans la peau
le virus de l'herpès reste toujours présent dans
l'organisme. Il ne peut jamais être éliminé
car il se réfugie dans les nerfs de la région infectée
(pour l'herpès ano-génital : les nerfs sacrés).
Il y sommeille, mais par moments, il va se multiplier et donner
des poussées plus ou moins fréquentes selon les
individus. Ces poussées durent en moyenne 5 jours, la moyenne
est de 4 crises par an. Si l'herpès ano-génital
est du à un herpès de type 1 la fréquence
des crises est plus faible et diminue plus vite au cours du temps
que si l'on a été contaminé par un virus
de type 2. Ces crises ressemblent à la première
poussée, mais en moins important. Le sujet en crise peut
ressentir une brûlure, une cuisson, une irritation et voir
des petites ulcérations sur sa peau. Certaines poussées
sont peu sévères et peuvent passer inaperçues.
Il est même prouvé que le virus peut se multiplier
et être présent sur la peau (donc transmissible)
à de rares moments sans qu'existe aucune lésion
visible.
En dehors des crises le virus est parfaitement silencieux et ne
donne aucun trouble.
|
| |
COMMENT ATTRAPE-T-ON (ET TRANSMET-ON)
L'HERPES ANO-GENITAL ?
Le virus de l'herpès s'attrape par contact
direct à partir de la peau d'un sujet déjà
infecté. L'herpès ano-génital est le plus souvent
acquis lors d'un contact sexuel avec un partenaire présentant
un herpès anal ou génital. Mais il peut aussi s'attraper
à partir d'une infection des lèvres du partenaire.
En effet, le virus herpès de type 1 peut être transmis
de la bouche vers la région ano-génitale au cours
d'un contact bucco-génital ou bucco-anal. Attention le virus
de l'herpès peut aussi donner des infections sur les doigts
et la main...
Les facteurs de risque d'avoir un herpès génital sont
le sexe féminin, la précocité du premier rapport
sexuel, le nombre des partenaires sexuels, les antécédents
d'autre maladie sexuellement transmissible et un niveau socio-économique
faible.
Un malade est contagieux pendant les périodes de multiplication
du virus principalement lors des crises évidentes avec des
ulcérations sur la peau, mais aussi lors des poussées
minimes non reconnues, voire parfois sans qu'aucune lésion
ne soit visible à l'il nu. Il peut donc transmettre
le virus sans s'en apercevoir.

Figure 2 :
Herpès périanal et périnéal à
herpès virus de type 2,
primoinfection avec atteinte du canal anal et réaction hémorroïdaire.
|
| |
remonter
:  |
| |
PEUT-ON S'EN PROTEGER ?
Il faut que les patients atteints
par ce virus prennent des précautions lorsqu'ils sont en
crise. Pour cela il est important qu'ils sachent reconnaître
quand ils ont une poussée d'herpès. Les signes d'une
poussée sont souvent discrets mais le risque de transmission
existe quelle que soit l'importance de la crise. En cas d'herpès
génital, attention car le préservatif risque de
ne pas couvrir la zone atteinte. En cas d'herpès des lèvres
: pas de baisers et pas de rapport sexuel oro-génital ou
oro-anal pendant les poussées.
Bien que le risque de transmission soit plus important lors des
crises, il existe aussi lors des épisodes de multiplication
silencieuse du virus (excrétion asymptomatique).
Le virus de l'herpès est très fragile et ne peut
pas être transmis dans les piscines, ni dans les toilettes.
On déconseille toutefois le partage du linge de toilette
en cas d'herpès connu.
Attention : être porteur d'un herpès anal ou sexuel
augmente le risque d'attraper ou de transmettre le SIDA ! En effet
pendant les poussées d'herpès (pas toujours parlantes)
les érosions présentes sur la peau facilitent le
passage du virus du SIDA.
QUI DOIT PRENDRE DES PRECAUTIONS PARTICULIERES
?
Une femme enceinte qui se sait atteinte d'un herpès
anal ou sexuel doit prévenir à l'avance son accoucheur
car certaines précautions sont nécessaires pour
prévenir le risque de transmission au nouveau né
lors l'accouchement.
Il faut savoir que les jeunes bébés peuvent être
infectés par un baiser d'une personne atteinte d'un herpès
des lèvres.
COMMENT FAIT-ON LE DIAGNOSTIC ?
Le plus souvent, le diagnostic est fait par
un simple examen lors d'une poussée. L'aspect des lésions
sur la peau formant un bouquet de petites vésicules qui
se transforment rapidement en ulcérations, qu'elles soient
associées ou non à des brûlures, des douleurs,
des troubles urinaires et un ganglion inguinal sont très
évocatrices et suffisent à affirmer le diagnostic,
surtout si ces manifestations évoluent par crises répétées
toujours sur la même région.
Comme les conséquences de cette
maladie peuvent être importantes (pour un couple et surtout
chez la femme en âge d'avoir des enfants) il est préférable
de confirmer cette maladie en recherchant le virus de l'herpès
par des prélèvements sur les lésions cutanées
présentes lors d'une poussée.
Le diagnostic de l'herpès ano-génital ne peut pas
être fait de façon fiable par une prise sang. En
effet les examens sanguins peuvent être positifs plus d'une
fois sur deux alors que le sujet ne fera jamais de poussée
clinique d'herpès. La prise de sang est seulement un témoin
d'un contact avec le virus de l'herpès, mais n'indique
pas l'existence ou non de poussées d'herpès sur
une partie du corps.
|
| |
remonter :  |
| |
COMMENT LE TRAITE-T-ON ?
Tout d'abord il faut rappeler qu'on ne guérit pas d'un
herpès. Le traitement a uniquement pour but de raccourcir
la durée des poussées. Il sera donc prescrit au
coup par coup, en début de poussée, uniquement si
les poussées sont sévères, durent longtemps
ou sont gênantes par le risque de contagion qu'elles entraînent.
Même si on traite une poussée, cela ne diminue pas
le risque de récidive dans le futur.
Chez certains sujets ayant des crises très fréquentes,
le seul moyen de diminuer la fréquence de ces poussées
est de prendre un traitement tous les jours.
Le traitement se prend par la bouche, ce sont des comprimés
d'une molécule spécifiquement active sur certains
virus dont l'herpès (aciclovir, valacilovir). Il faut savoir
que le traitement n'élimine pas totalement le risque de
transmission du virus. Les traitements locaux sont inefficaces
sur l'herpès anal ou sexuel.
|
| |
remonter :  |
| |
|

Voir les FAQ Herpès
anal
|
Dr. François PIGOT
Mis en ligne en novembre 2004
|
|
Pour en savoir plus :
- Conférence de consensus : prise en charge de l'herpès
cutanéo-muqueux chez le sujet immuno-compétent (manifestations
oculaires exclues) de Novembre 2001. Consultable sur le site de l'ANAES.
- Lowhagen
GB, Tunback P, Bergstrom T. Proportion of herpes simplex virus (HSV)
type 1 and type 2 among genital and extragenital HSV isolates. Acta
Derm Venereol. 2002;82(2):118-20.
- Engelberg
R, Carrell D, Krantz E, Corey L, Wald A. Natural history of genital
herpes simplex virus type 1 infection. Sex Transm Dis. 2003 Feb;30(2):174-7.
- Brentjens
MH, Yeung-Yue KA, Lee PC, Tyring SK. Recurrent genital herpes treatments
and their impact on quality of life. Pharmacoeconomics. 2003;21(12):853-63.
|