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Préambule
Un abcès anal est une cavité remplie de pus, située
à proximité de l'anus ou du rectum. Elle est le plus
souvent la conséquence de l'infection d'une petite glande
normalement présente à l'intérieur de l'anus.
Dans ce cas, une communication existe le plus souvent sous la forme
d'un petit tunnel appelé "fistule anale" entre
cette glande et l'abcès collecté (voir fiches "abcès
anal" et "fistule
anale").

Figure 1a : Abcès de la marge
anale.

Figure 1b : Abcès de la marge
anale.

Figure 2 : abcès de la fesse.
Il faut le distinguer des autres abcès
du périnée (voir fiches "maladie
de Verneuil" et "sinus
pilonidal"), dont le traitement chirurgical peut être
différent (voir fiche "suites
opératoires de la maladie pilonidale"). De même,
l'évolution d'un abcès anal survenant dans un contexte
de maladie de Crohn périnéale est souvent plus complexe
(voir fiche "lésions
ano-périnéales de la maladie de Crohn").
Le traitement d'un
abcès anal est exclusivement chirurgical.
Son premier objectif est d'évacuer le pus collecté
sous pression dans l'abcès, ce qui peut être obtenu
par une simple incision de la peau en regard de l'abcès,
sous anesthésie locale ou générale. Ce geste
permet le plus souvent un soulagement immédiat de la douleur,
une régression en quelques jours de l'inflammation des tissus
adjacents, et une cicatrisation en environ deux semaines.
Mais cet acte chirurgical doit aussi dans la mesure du possible
éviter la récidive précoce ou à distance
de la suppuration. La récidive d'un abcès anal après
quelques jours peut être liée au fait qu'une simple
incision cutanée en regard d'une collection de pus peut se
refermer trop précocement ou ignorer une extension en profondeur
le long du rectum ou du côté opposé. Pour cette
raison, l'alternative souvent retenue est de réséquer
sous anesthésie générale une collerette de
peau, ce qui permet une ouverture de drainage plus large sans risque
d'accolement précoce des berges, mais également de
mieux évaluer l'extension de l'abcès. Cette intervention
demande souvent quatre semaines avant d'obtenir une cicatrisation
définitive.

Figure 3a : Abcès
de la fesse. Ouverture au bistouri électrique.

Figure 3b : Abcès
de la fesse. Débridement au doigt.

Figure 3c : Abcès
de la fesse. Drainage en collerette (aspect obtenu en fin d'intervention).

Figure 4 : Abcès postérieur
et fistule évidente d'emblée
La récidive tardive d'un abcès
anal, quelquefois après plusieurs mois voire années,
est le plus souvent en rapport avec une fistule anale associée
non traitée. Celle-ci peut aussi empêcher la fermeture
complète de l'orifice de drainage cutané de l'abcès.
Pour cette raison, une fistule anale à l'origine de l'abcès
doit toujours être recherchée dans le même temps
opératoire, avec un geste chirurgical plus complexe qui en
modifie les suites opératoires. En pratique, même si
cette communication avec l'anus n'est pas retrouvée, elle
est le plus souvent présente mais masquée par l'inflammation
des tissus en périphérie de l'abcès.
Par contre, les antibiotiques ne représentent pas un traitement
qui permet la guérison ; ils sont parfois utilisés
pour encadrer le geste chirurgical, afin de prévenir une
dissémination de l'infection, en particulier chez des patients
fragiles, obèses, diabétiques ou avec certaines maladies
cardiaques. Pour les mêmes raisons, il est inutile de réaliser
un examen bactériologique qui ne modifiera pas la prise en
charge. Enfin le recours aux anti-inflammatoires non stéroïdiens
est dangereux car ils risquent de favoriser la dissémination
de la suppuration avec un effet anti-douleur faussement rassurant.
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