| |
|
| |
|
|
|
La fissure anale
peut-elle dégénérer en cancer ? |
 |
|
|
|
On ne dispose actuellement pas de
données scientifiques qui permettent de craindre une telle
complication. Dans certaines maladies qui créent des plaies
de l'anus persistantes pendant de nombreux mois ou années
(maladie de Crohn), il n'est pas observé de risque accru
de cancer.
En pratique courante, nous ne connaissons pas de malades souffrant
d'une fissure anale chronique qui aient vu apparaître secondairement
un cancer de l'anus. On peut donc répondre négativement
à cette question.
|
| |
|
| |
|
|
|
Sait on pourquoi
la fissure anale ne cicatrise pas facilement alors qu'il s'agit d'une
petite plaie de l'anus ? |
 |
|
|
|
Certains chercheurs avancent
l'idée que la fissure anale chronique est en quelque sorte
un "infarctus" de l'anus.
En effet, l'apport de sang à la peau de l'anus est assuré
par des petits vaisseaux (artères) qui traversent les muscles
de la continence anale (sphincter anal interne). L'apport de sang
est habituellement moins bon au niveau de la partie arrière
de l'anus, là même où siègent habituellement
les fissures.
Par ailleurs, on observe, chez les malades qui souffrent de fissure
anale, un spasme permanent du sphincter interne : ce phénomène
entrave encore la circulation du sang destinée à la
peau de l'anus et provoque la persistance d'une plaie qui ne cicatrise
pas.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
 |
|
|
|
Pourquoi la fissure
anale est-elle aussi douloureuse ? |
| |
|
|
|
Il est vraisemblable que ce
n'est pas la fissure elle même mais les muscles de la continence
qui sont douloureux. Ceux-ci (notamment le sphincter anal interne)
sont le siège d'une contracture permanente que l'on peut
ressentir lorsqu'on palpe le tour de l'anus. Cette palpation, lorsqu'elle
est appuyée, peut être douloureuse même à
distance de la fissure. Cela explique probablement pourquoi la douleur
se réveille parfois pendant plusieurs heures lorsque ce muscle
est étiré (passage de la selle) et pourquoi la douleur
s'estompe après un geste de chirurgie sur le sphincter alors
même que la fissure est encore présente.
|
| |
|
| |
|
|
|
Peut on éviter
la chirurgie lorsque la fissure ne cicatrise pas avec des suppositoires
et un traitement laxatif ? |
| |
|
|
|
Une levée de la contraction
sphinctérienne (traitement logique de la fissure anale) peut
être envisagée par l'application locale de médicaments
ayant un effet de relâchement musculaire.
Il existe globalement deux types de médicaments : ceux qui
agissent par l'application répétée de pommade
et ceux qui agissent pendant plusieurs mois après une injection
dans le muscle. Malheureusement, plusieurs écueils limitent
l'utilisation de ces traitements :
i) la tolérance de certains médicaments est parfois
mauvaise (chute de la tension artérielle, mal à la
tête) ;
ii) l'efficacité ne se maintient pas durablement après
l'arrêt des applications (deux tiers des malades voient leurs
signes réapparaître après un an) ;
iii) ces médicaments n'ont pas l'autorisation des autorités
sanitaires pour qu'on puisse les utiliser dans cette maladie ;
iv) il n'existe pas de forme locale actuellement disponible en France.
Dans l'état actuel des connaissances médicales et
des autorisations sanitaires, ces médicaments ne peuvent
être proposés que dans le cadre de la recherche.
Une autre approche peut consister à effectuer, lors d'une
consultation, l'injection d'un produit irritant et/ou anesthésique
dans le sphincter anal sous la fissure. Ces techniques peuvent soulager
mais on ne dispose d'aucune donnée scientifique permettant
de dire si elles sont efficaces dans le traitement de la fissure.
|
| |
|
 |
remonter : 
|
| |
|
| |
|
|
|
Quel est le traitement
chirurgical qui donne les meilleurs résultats dans le traitement
de la fissure anale ? |
| |
|
|
|
On serait tenté de dire,
sans aucune ironie, celui qui vous guérit définitivement
sans vous laisser d'inconvénient.
On dispose actuellement de plusieurs techniques : aucune ne répond
à cet objectif.
Les techniques réalisant une section incomplète et
limitée du sphincter anal interne sont les mieux étudiées.
Elles sont très efficaces et moins dangereuses que la simple
dilatation de l'anus sous anesthésie générale.
Elles ont pour principal inconvénient d'être responsables
de troubles de la continence des selles et des gaz parfois irréversibles.
En France, il est très couramment réalisé une
chirurgie visant à enlever la fissure ; une petite partie
du revêtement voisin est glissée partiellement dans
la plaie pour en faciliter la cicatrisation. Cette méthode
limite a priori le risque d'incontinence parce qu'il n'est pas effectué
de section du sphincter anal interne. Elle ne bénéficie
malheureusement d'aucune évaluation scientifique pour pouvoir
être recommandée d'emblée (la cicatrisation
de la fissure est elle obtenue ? N'y a t'il pas autant de troubles
de la continence qu'après sphinctérotomie ?).
|