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Je dois
me faire opérer d'une fistule anale, et le chirurgien m'a averti
d'une intervention sur les muscles de l'anus. Est-ce que je risque
de devenir incontinent ? |
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Les risques d'observer une altération
de la continence anale existent, mais ils doivent être nuancés.
Ils dépendent d'une part de la topographie de la fistule
(hauteur du sphincter concerné, complexité de la fistule),
d'autre part de la continence anale préexistante à
l'intervention (antécédents de chirurgie anale, accouchements
difficiles, diarrhée chronique). De plus les risques ne concernent
pas la continence aux selles solides, mais le plus souvent la continence
aux gaz, un suintement anal ou la difficulté à retenir
les selles liquides. Ces risques ont été évalués
autour de 1 % après une mise à plat en un temps, de
10 % après une mise à plat en deux temps, et probablement
assez faibles après la réalisation d'un lambeau d'avancement.
Mais ces chiffres sont sujets à controverses et certaines
études suggèrent des pourcentages plus élevés.
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Je sais
que différentes techniques chirurgicales existent pour traiter
une fistule anale. Sont-elles indifféremment envisageables
dans tous les cas ? |
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Non, car le choix d'une technique
dépend de la nature de la fistule. Dans le cas le plus fréquent
des fistules basses ou des fistules inter-sphinctériennes,
le traitement largement validé est une mise à plat
directe en un seul temps opératoire. Lorsque la fistule est
haute ou complexe, les alternatives à la mise à plat
lors du deuxième temps opératoire sont le lambeau
d'avancement ou l'injection de colle biologique ; ces techniques
nécessitent des conditions favorables qui sont loin d'être
toujours présentes. Cependant lorsque ce choix existe, votre
chirurgien vous exposera les différentes possibilités
avec les risques respectifs de complications et de récidives
de chaque technique.
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Existe
t-il une alternative médical au traitement chirurgical d'une
fistule anale ? |
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En aucun cas. Les antibiotiques
sont inefficaces et les anti-inflammatoires dangereux car ils favorisent
la diffusion de l'infection. L'obturation de la fistule par l'injection
d'une colle biologique n'est pas un traitement médical, mais
une forme particulière de traitement chirurgical sous anesthésie
générale. De plus elle nécessite au préalable
une première intervention de drainage sur séton.
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Je refuse
le traitement chirurgical de ma fistule anale. Quels sont les risques
d'une telle attitude ? |
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Une fistule anale qui ne bénéficie
pas de traitement chirurgical ne cicatrisera pas. Elle peut donner
l'impression d'une rémission lorsque l'écoulement
se tarit de façon temporaire, mais le trajet (matérialisé
par un petit tunnel) qui communique avec l'origine de la fistule
dans l'anus est toujours présent. L'évolution naturelle
se fait donc vers la récidive, sous forme d'un nouvel écoulement
chronique (fistule) ou d'une cavité douloureuse remplie de
pus (abcès). Ces poussées suppuratives successives
aggravent souvent la situation avec le temps, en créant de
nouveau trajets fistuleux qui peuvent diffuser plus profondément
dans la fesse, de l'autre coté ou dans la paroi du rectum.
Les risques sont donc d'avoir à traiter secondairement une
fistule beaucoup plus complexe, et de s'exposer à la survenue
d'un abcès dont le traitement chirurgical en urgence est
incontournable (voir fiche " l'abcès anal ").
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